Une nouvelle vague de froid est en train de se mettre en place au-dessus de l’Europe, alimentée par une instabilité croissante du vortex polaire. Ce phénomène, bien connu des météorologues, pourrait entraîner une baisse marquée des températures dans de nombreuses régions du continent.
La Suisse, située au carrefour de plusieurs influences climatiques, se trouve dans une zone d’incertitude. Selon les scénarios actuels, elle pourrait soit être touchée par cet air arctique, soit rester en marge, sous l’influence d’un flux plus doux venu du sud.
Un vortex polaire instable à l’origine des perturbations
Le moteur de cette dynamique atmosphérique est le vortex polaire, un vaste système de basse pression qui se forme chaque hiver dans les hautes latitudes. Il contient de l’air extrêmement froid, maintenu au-dessus des pôles grâce à la force du courant-jet polaire. Tant que ce courant reste puissant et linéaire, l’air froid est confiné, limitant ainsi son influence directe sur l’Europe. Mais en cas de faiblesse ou de déformation du jet-stream, ce froid peut s’échapper vers des latitudes plus basses, comme cela a déjà été observé à deux reprises cette saison.
Actuellement, des projections météorologiques évoquent une descente d’air arctique vers l’Europe du Sud à partir de la dernière semaine de janvier. MétéoSuisse confirme que le vortex polaire montre des signes de désorganisation. L’air froid se serait déjà déplacé vers la Sibérie, un déplacement qui, par le passé, a précédé des épisodes hivernaux marqués dans plusieurs pays européens.
À court terme, les prévisions restent relativement stables pour la Suisse. MeteoNews annonce un temps plutôt calme, sec et ensoleillé avec quelques nuages élevés, notamment sur le Plateau suisse où le brouillard devrait persister. À moyen terme, l’évolution reste conditionnée par plusieurs éléments clés, notamment un affaiblissement du flux d’ouest et un possible déplacement d’un blocage anticyclonique de l’Europe de l’Est vers la Scandinavie. Ce repositionnement modifie la circulation générale de l’atmosphère, avec pour conséquence une orientation sud des flux vers l’Europe de l’Ouest.
Des scénarios divergents pour la Suisse
L’Office fédéral de météorologie et de climatologie (Météo Suisse) a analysé la moyenne de plusieurs modèles climatiques pour la période du 26 janvier au 1er février. Il en ressort deux hypothèses principales. Le premier scénario verrait l’air froid, en provenance de Russie, gagner progressivement l’Europe occidentale. Une crête de haute pression se développerait alors sur la Scandinavie, pendant que de petites dépressions se déplaceraient entre la France et le bassin méditerranéen. Ce contexte favoriserait l’extension du froid vers l’ouest, atteignant potentiellement le nord de la France, le sud du Royaume-Uni, et en partie la Suisse, qui resterait toutefois à la marge des zones les plus froides.
Le deuxième scénario, en revanche, envisagerait la formation d’une dépression plus importante sur la péninsule ibérique. Ce système attirerait de l’air plus doux venu du sud, limitant ainsi la progression du froid vers le centre de l’Europe. Dans ce cas, l’air arctique n’irait pas au-delà du nord de l’Allemagne, et la Suisse resterait à l’écart de cette vague de froid, explique Watson. Cette hypothèse semble également cohérente avec la modélisation actuelle d’une anomalie de haute pression sur la Scandinavie.
MétéoSuisse souligne que cette incertitude est liée à la complexité des interactions entre les différentes masses d’air et la configuration des centres d’action. Le pays pourrait être soumis à des influences contradictoires, avec d’un côté un afflux froid en provenance du nord-est, et de l’autre un flux plus doux remontant du sud-ouest. À l’échelle européenne, les températures très basses prévues sur la Russie, l’Europe de l’Est et possiblement le nord du continent sont quasiment certaines. Mais pour la Suisse, la prudence reste de rigueur.
Une évolution plus précise devrait se dégager dans les prochains jours, à mesure que les modèles s’affinent.








