Un canton suisse prépare une transformation progressive de son système de cycle d’orientation. Après l’échec d’une précédente réforme soumise au vote populaire en 2022, un projet pilote sera étendu à cinq établissements dès la rentrée 2026.
Celui-ci prévoit une 9e année organisée en tronc commun, avec un accompagnement différencié en français et en mathématiques. Il s’agit d’un pas stratégique vers une éventuelle réforme structurelle du secondaire I, dans un contexte de remise en question de l’orientation précoce des élèves.
Un tronc commun hétérogène testé dans cinq cycles d’orientation
Le Département de l’instruction publique (DIP) du canton de Genève a confirmé l’extension d’un projet pilote qui vise à réorganiser la 9e année du cycle d’orientation. À compter de la rentrée 2026, cinq établissements genevois participeront à l’expérimentation d’un système de tronc commun pour les élèves de 9e : les Voirets, les Colombières, Cayla, Bois-Caran et le Renard. Deux de ces établissements, les Voirets et les Colombières, mènent déjà ce test depuis septembre 2025, et les premiers retours sont jugés « encourageants » par le DIP.
L’objectif est de regrouper tous les élèves dans des classes communes, sans les répartir selon leur niveau scolaire à la sortie de l’école primaire, comme c’est le cas actuellement. Ce modèle s’inspire d’un système hétérogène, où l’ensemble des élèves commence l’année ensemble, mais avec un accompagnement différencié en fonction des besoins identifiés. Cette différenciation se fait dans deux matières fondamentales : le français et les mathématiques.
Dans ces disciplines, les élèves sont répartis en trois groupes de besoin, selon leur niveau dans des domaines spécifiques comme l’analyse de texte, l’orthographe, la géométrie ou l’algèbre. La composition des groupes est évolutive, et peut être ajustée en cours d’année, en fonction des progrès réalisés par les élèves. Cette flexibilité vise à éviter que les élèves soient enfermés dans un parcours figé dès leur rentrée au secondaire.
Une réponse progressive à l’échec de la réforme de 2022
Ce projet de tronc commun prend place après l’échec en 2022 d’un projet de réforme plus large du cycle d’orientation, rejeté par les citoyens lors d’un vote populaire. La nouvelle approche adoptée par le DIP se veut plus progressive, centrée sur l’expérimentation et l’évaluation locale avant toute généralisation. Plutôt que de proposer une refonte immédiate, le canton mise sur des tests concrets dans plusieurs établissements, afin d’identifier les ajustements nécessaires et les leviers d’efficacité pédagogique.
La réforme initialement prévue pourrait entrer en vigueur à partir de la rentrée 2027, mais le DIP reste prudent : « Il est prématuré de donner aujourd’hui une date définitive », a précisé le département, selon Blick. L’évolution des projets pilotes, leur évaluation et leur réception par les acteurs scolaires joueront un rôle déterminant dans le calendrier futur.
Ce modèle vise à corriger certaines critiques formulées contre le système actuel, notamment le fait que l’orientation des élèves à la fin du primaire crée des inégalités de parcours et fige les trajectoires scolaires. En retardant cette orientation et en introduisant une organisation plus souple, le canton espère favoriser une meilleure inclusion scolaire et permettre aux élèves de progresser à leur rythme, tout en conservant des exigences claires dans les disciplines fondamentales.
En parallèle, cette réforme pourrait avoir des implications économiques sur le long terme. En réduisant les redoublements, en améliorant les taux de réussite ou en prévenant le décrochage, ce type d’organisation pourrait optimiser les ressources du système éducatif et renforcer les qualifications des jeunes entrants sur le marché du travail. Mais pour l’heure, aucun chiffrage ni indicateur d’impact économique n’a été communiqué. Le projet reste avant tout éducatif et expérimental.








