Alerte budget : Le mois de janvier plonge plus de 30% des ménages suisses dans la crise financière

Plus d’un tiers des Suisses ressentent le creux de janvier, avec des difficultés financières liées aux primes d’assurance et aux factures de début d’année.

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Janvier
Alerte budget : Le mois de janvier plonge plus de 30% des ménages suisses dans la crise financière : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Chaque début d’année, un phénomène récurrent en Suisse perturbe le quotidien de nombreux ménages : le « creux de janvier ». Selon une enquête réalisée par Comparis, plus d’un tiers des adultes suisses ressentent une détérioration de leur situation financière en ce début d’année par rapport aux autres mois. 

Ce phénomène est en grande partie dû aux factures élevées qui arrivent en janvier, notamment les primes d’assurance, plutôt qu’aux dépenses de Noël. Bien que de nombreux Suisses ajustent leurs habitudes de consommation, les jeunes adultes et les familles avec enfants sont particulièrement touchés par cette pression économique.

L’impact des primes d’assurance et des factures de début d’année

L’enquête de Comparis révèle que 33 % des adultes en Suisse constatent une détérioration de leur situation financière en janvier. Bien que les cadeaux de Noël puissent être une charge pour certains ménages, ce ne sont généralement pas ces dépenses qui expliquent le creux de janvier, mais bien les factures de début d’année, principalement les primes d’assurance et autres charges récurrentes. Cette pression se fait particulièrement sentir à la suite de l’arrivée de ces factures après les fêtes de fin d’année.

Les jeunes adultes (18-35 ans) sont les plus touchés, avec 35 % d’entre eux affirmant que leur situation financière s’est détériorée en janvier. En comparaison, seulement 26 % des personnes âgées de 56 ans et plus rapportent une situation similaire. Les familles, notamment celles avec enfants, sont également plus vulnérables : 39 % des ménages avec enfants ont signalé des difficultés financières dès le début de l’année, contre 30 % dans les foyers sans enfants. Cette différence met en lumière la charge financière plus lourde pour les familles avec enfants, qui doivent gérer une multiplicité de dépenses, notamment pour l’entretien du foyer, les frais de garde ou d’éducation.

L’impact des primes d’assurance est particulièrement marqué en janvier, notamment en Suisse italienne, où ce facteur a été fréquemment cité par les personnes interrogées. Les primes d’assurance représentent un poste de dépenses important pour de nombreux ménages, et elles arrivent en même temps que d’autres factures, ce qui augmente la pression sur le budget des Suisses. Les personnes dont les revenus sont plus modestes (moins de 4000 francs) bénéficient de certains allègements de la part de l’État, mais cela ne suffit pas toujours à compenser la hausse des coûts.

Le rôle des revenus et du niveau de formation dans les difficultés financières

Les difficultés financières liées au creux de janvier sont particulièrement sensibles selon le niveau de revenu et de formation. Ainsi, 43 % des personnes dont le revenu brut du ménage est inférieur ou égal à 4000 francs rapportent une détérioration de leur situation financière en janvier. À l’inverse, seulement 26 % des ménages gagnant plus de 8000 francs par mois ressentent le même type de pression. Cette différence illustre clairement la fragilité économique des ménages à bas revenu, qui sont plus susceptibles de ressentir les effets de la hausse des factures au début de l’année.

Le niveau de formation joue également un rôle majeur dans cette dynamique. En effet, 37 % des personnes peu ou moyennement qualifiées déclarent que leur situation financière s’est détériorée, contre 27 % parmi celles ayant un niveau de qualification plus élevé. Cela peut être attribué à la fois à des différences de revenus et à une plus grande capacité de gestion financière chez les personnes plus qualifiées. Ceux qui possèdent un niveau de formation supérieur peuvent en effet disposer d’emplois mieux rémunérés et d’une meilleure compréhension des outils financiers pour anticiper ces dépenses.

Les comportements de consommation suivent également cette tendance. Environ 35 % des personnes interrogées indiquent qu’elles dépensent moins en janvier que d’habitude. Ce phénomène est plus marqué chez les jeunes adultes, avec 38 % des 18-35 ans et 39 % des 36-55 ans qui limitent leurs achats. En revanche, parmi les plus de 56 ans, seuls 27 % affirment réduire leurs dépenses. Ce décalage peut être dû à une stabilité financière plus grande chez les seniors, qui sont souvent moins affectés par les hausses de coûts liées aux primes d’assurance.

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