Un canton suisse a décidé de rehausser considérablement la taxe automobile sur les véhicules polluants, avec des augmentations allant jusqu’à 50 %. Cette réforme vise à réduire les émissions de CO2 et à inciter les automobilistes à opter pour des véhicules moins polluants.
Environ un véhicule sur quatre dans le canton sera touché par cette mesure, dont près de 10 % seront concernés par la majoration maximale. Cependant, cette décision suscite déjà des réactions, notamment après le tollé provoqué par une révision similaire de la taxe à Genève.
Une augmentation progressive de la taxe pour les véhicules polluants
La nouvelle taxe automobile vaudoise prévoit une majoration de 50 % pour les véhicules émettant plus de 248 g de CO2 par kilomètre, une hausse qui correspond à la limite maximale fixée par la législation cantonale. Ces véhicules, souvent des SUV puissants ou des modèles anciens, représentent près de 10 % du parc automobile vaudois. Par rapport à la précédente mouture, la majoration a été doublée, passant de 25 % à 50 %. Les véhicules émettant entre 223 et 247 g de CO2 par kilomètre seront soumis à une hausse de 20 %, tandis que ceux émettant entre 187 et 222 g de CO2 verront leur taxe augmenter de 15 %.
Cette nouvelle fiscalité vise à décourager l’utilisation des voitures les plus polluantes, tout en incitant les automobilistes à acheter des véhicules plus écologiques. La décision a été prise dans le cadre des efforts du canton pour lutter contre les émissions de CO2 et améliorer la qualité de l’air. Selon les autorités vaudoises, près d’un véhicule sur quatre sera concerné par ces majorations, dont environ 10 % des véhicules les plus polluants, ce qui représente un impact significatif sur le parc automobile local, indique 20min.
L’augmentation des taxes est également destinée à générer des recettes supplémentaires pour financer des initiatives écologiques. Le canton de Vaud prévoit une rentrée de 10 millions de francs supplémentaires grâce à cette révision. Ces fonds seront utilisés pour soutenir des projets liés à la transition énergétique et à la réduction de l’empreinte carbone, notamment dans les domaines du transport public et des infrastructures vertes.
Une réforme qui divise, après l’exemple de Genève
La réforme de la taxe automobile dans le canton de Vaud rappelle la révision similaire qui a eu lieu à Genève en 2024, qui a provoqué une forte réaction parmi les automobilistes. À Genève, certains conducteurs ont vu leur facture de taxe multipliée par six, en particulier les propriétaires de véhicules anciens et polluants. Cette situation a conduit à des protestations et à une pression politique pour réexaminer la mesure. En réponse, le Grand Conseil genevois a décidé d’introduire un plafonnement des hausses de taxe à 100 % jusqu’en 2027, afin de limiter l’impact pour les automobilistes.
Les autorités vaudoises, quant à elles, n’ont pas prévu de plafonnement similaire pour leur propre réforme. Bien que l’objectif soit de décourager l’utilisation des véhicules les plus polluants, cette mesure pourrait être perçue comme une charge financière supplémentaire pour les conducteurs possédant des véhicules plus anciens. Les propriétaires de ces voitures se retrouvent dans une situation où ils doivent soit payer des taxes plus élevées, soit envisager de changer de véhicule, une décision qui peut être difficile pour de nombreux ménages, surtout dans un contexte économique incertain.
L’augmentation de la taxe automobile a des conséquences pour les automobilistes, mais aussi pour le marché de l’automobile en général. En incitant les citoyens à opter pour des véhicules moins polluants, le canton de Vaud espère stimuler la demande pour des voitures écologiques et réduire ainsi la pollution liée aux transports. Toutefois, cette approche pourrait avoir des répercussions sur le pouvoir d’achat des ménages, en particulier ceux qui dépendent d’un véhicule ancien pour leurs déplacements quotidiens.








