En 2025, la Suisse a connu une hausse notable du taux de chômage, atteignant 3,1 % en décembre, un niveau qui n’avait pas été observé depuis 2021. Bien que l’année ait débuté sur une note relativement positive, la seconde moitié a vu une dégradation marquée du marché du travail.
Ce rebond du chômage, combiné à un déficit inquiétant de l’assurance chômage, soulève des questions sur la direction que prendra l’économie suisse en 2026. Cette situation met également en lumière les difficultés croissantes des travailleurs suisses dans un contexte économique mondial en mutation rapide.
Une année de turbulences pour le marché de l’emploi suisse
Le taux de chômage moyen en Suisse pour l’année 2025 a atteint 2,8 %, en hausse par rapport à 2,4 % en 2024. Bien que les premières mois aient montré une amélioration par rapport à l’année précédente, les chiffres du second semestre ont révélé une tendance inquiétante. En janvier 2025, la Suisse comptait 135’773 chômeurs. Ce nombre a diminué à 126’877 en juin, mais a ensuite rebondi pour atteindre 147’275 chômeurs en décembre, selon les dernières données du Secrétariat d’État à l’économie (Seco). Cette hausse, qui a permis au taux de chômage de dépasser les 3 % en décembre, marque une rupture avec la tendance des dernières années. Le taux de chômage n’avait pas franchi cette barre depuis mai 2021.
Les secteurs industriels et financiers ont particulièrement souffert de cette recrudescence du chômage, avec des licenciements massifs dans certaines entreprises et une réduction d’emplois dans des secteurs clés de l’économie suisse. Cette évolution traduit une instabilité sur le marché du travail, malgré une certaine résilience du marché dans les premières parties de l’année. Les chiffres actuels suggèrent que la Suisse pourrait avoir du mal à retrouver un véritable équilibre de l’emploi dans un avenir proche, d’autant plus que les incertitudes économiques mondiales pèsent également sur la stabilité du marché de l’emploi suisse.
L’assurance chômage sous pression : un déficit préoccupant
L’augmentation du chômage a eu des conséquences directes sur l’assurance chômage en Suisse, qui affiche désormais un déficit de 320 millions de francs pour 2025, après un excédent de 1,43 milliard l’année précédente. Les recettes du fonds de compensation de l’assurance chômage pour 2025 sont estimées à 8,39 milliards de francs, contre 8,86 milliards en 2024. Cependant, les dépenses prévues pour cette année s’élèvent à 8,71 milliards de francs, ce qui entraînera un déficit de 0,32 milliard. Cette situation est préoccupante, car elle pourrait signifier que le système d’assurance chômage sera moins en mesure de répondre aux besoins croissants des chômeurs, si la tendance à la hausse du chômage se poursuit en 2026.
Le financement de l’assurance chômage pourrait devenir une question cruciale pour les autorités suisses. Si le déficit continue d’augmenter, des mesures d’austérité ou de réajustement des dépenses pourraient être nécessaires, ce qui pourrait affecter la qualité des services offerts aux chômeurs. Il est également possible que des réformes fiscales ou des ajustements dans les cotisations à l’assurance chômage soient envisagés pour combler cet écart financier.
En outre, l’impact de cette situation se fait déjà sentir sur les chômeurs, dont certains peuvent voir leurs indemnités réduites, en raison des limitations budgétaires imposées par le déficit de l’assurance chômage. Cette situation pourrait avoir des conséquences importantes sur le pouvoir d’achat des ménages suisses, en particulier pour ceux qui sont déjà en difficulté économique.
Quel avenir pour le marché du travail suisse en 2026 ?
La Suisse fait face à une conjoncture difficile sur le marché du travail. L’augmentation du chômage, combinée à un déficit de l’assurance chômage, soulève des préoccupations pour l’avenir de l’économie suisse en 2026. Les experts s’accordent à dire que les secteurs traditionnels, comme l’industrie et la finance, devront s’adapter à de nouvelles réalités économiques pour limiter les pertes d’emplois. Parallèlement, des efforts devront être déployés pour stimuler la création d’emplois dans les secteurs émergents, tels que la technologie et les énergies renouvelables.
La situation est particulièrement fragile dans les régions de la Suisse où la concurrence pour les emplois est plus forte. En 2026, l’accent devra être mis sur la diversification de l’économie suisse pour offrir davantage de débouchés professionnels et limiter l’impact du chômage. Le rôle de l’État sera crucial pour soutenir les initiatives privées et garantir une transition vers une économie plus résiliente.








