Cette pénurie frappe de nouveau la Suisse : après Noël, ce produit redisparaît des rayons de supermarchés

Depuis Noël, une nouvelle pénurie de ce produit a frappé les supermarchés suisses mettant en lumière les fragilités du système d’approvisionnement local.

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Cette pénurie frappe de nouveau la Suisse : après Noël, ce produit redisparaît des rayons de supermarchés : Crédit : Keystone - Laurent Gillieron | Econostrum.info - Suisse

Depuis les fêtes de fin d’année, de nombreux supermarchés suisses, notamment Migros et Coop, se trouvent confrontés à une pénurie d’un produit incontournable. Les clients se retrouvent souvent devant des rayons presque vides, une situation qui a perturbé les habitudes d’achat, en particulier durant la période des fêtes où la demande est à son apogée. 

La consommation de cet aliment de base dans de nombreux foyers, a largement augmenté ces dernières semaines, exacerbant un problème d’approvisionnement déjà délicat. Alors que l’approvisionnement a été insuffisant dans plusieurs magasins, les clients doivent s’adapter face à cette rupture de stock.

Une hausse de la demande face à une production insuffisante

La demande d’œufs a explosé ces dernières années, en partie en raison de la prise de conscience accrue des bénéfices nutritionnels des œufs, qui sont perçus comme une source de protéines alternative à la viande. Ce phénomène a été particulièrement marqué lors des périodes de fêtes, où la consommation d’œufs atteint des niveaux élevés. Cette tendance a contraint les producteurs à augmenter la production, mais celle-ci reste insuffisante pour répondre aux besoins.

En 2024, la Suisse a produit environ 1,1 milliard d’œufs, selon les chiffres de Gallo Suisse. Toutefois, la production locale a été largement insuffisante pour combler la demande, ce qui a conduit à l’importation de 400 millions d’œufs supplémentaires en 2024. Cette pénurie a particulièrement affecté les chaînes de supermarchés comme Migros et Coop, qui ont vu leurs stocks se vider rapidement. À titre d’exemple, l’un des magasins de la chaîne Migros à Berne a été confronté à une rupture de stock depuis Noël, avec une affiche informant les clients que les livraisons étaient insuffisantes pour combler la demande. Malgré les tentatives de réapprovisionnement, les quantités restent limitées, ce qui crée une insatisfaction parmi les consommateurs.

Un autre phénomène observable est la pénurie spécifique d’œufs durs colorés, un produit particulièrement prisé pendant la période des fêtes. Plusieurs filiales de Coop, notamment dans le canton d’Aarau, ont également été touchées par cette rupture de stock, selon l’Aargauer Zeitung. Ces œufs durs sont souvent utilisés pour les repas de fête, renforçant encore la pression sur l’approvisionnement durant les périodes de forte demande.

Les œufs sont utilisés pour une grande variété de recettes, allant du simple petit-déjeuner à des plats plus élaborés comme les salades ou les pâtisseries. Cette diversité culinaire, couplée à une tendance vers des régimes alimentaires plus sains, a propulsé la consommation des œufs dans les foyers suisses. Une porte-parole de Migros, Prisca Huguenin-dit-Lenoir, a indiqué que depuis 2024, la production d’œufs ne parvient plus à satisfaire la demande croissante, en particulier pendant les fêtes de fin d’année et de Pâques. Cette situation s’est intensifiée avec les célébrations de Noël, avec des rayons vides dans plusieurs points de vente.

Les solutions face à la pénurie : un marché en tension

Face à cette pénurie, les supermarchés cherchent des solutions pour répondre à la demande, mais les perspectives à court terme semblent limitées. La production d’œufs, bien qu’en augmentation, peine à suivre la courbe de la demande. Les œufs importés, bien que permettant de combler une partie de la pénurie, ne suffisent pas à stabiliser la situation à long terme. La production locale, en dépit de ses efforts pour augmenter les volumes, se heurte à des limites naturelles : les poules ne peuvent pas pondre plus d’œufs instantanément pour répondre à une demande accrue, notamment lors des périodes de pointe comme Noël et Pâques.

L’impact de cette pénurie se fait ressentir non seulement sur les rayons, mais aussi sur les prix. Les consommateurs, face à des stocks limités, se tournent vers des produits alternatifs ou acceptent des prix plus élevés pour les œufs disponibles, indique Blick. En effet, la demande persistante et l’offre restreinte augmentent la pression sur les prix, ce qui pourrait entraîner une hausse des coûts à court terme. Les supermarchés, quant à eux, ajustent leur stratégie d’approvisionnement pour tenter de minimiser les ruptures de stock, mais les solutions semblent passer par une gestion plus rigoureuse de l’approvisionnement et de la production.

Malgré ces difficultés, les supermarchés et les producteurs d’œufs continuent d’œuvrer pour trouver des solutions à long terme. Cela pourrait inclure l’augmentation de la production locale, l’amélioration de l’efficacité logistique et un encouragement à la consommation d’œufs de qualité supérieure, comme ceux issus de l’agriculture biologique. Toutefois, l’impact de cette pénurie reste un défi de taille pour un marché suisse déjà sous pression.

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