Les hôpitaux suisses à bout de souffle : l’épidémie de grippe fait des ravages cette semaine dans ces cantons

Les hôpitaux suisses sont submergés par une vague de grippe précoce et virulente, avec une augmentation significative des hospitalisations après Noël.

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Suisse
Les hôpitaux suisses à bout de souffle : l'épidémie de grippe fait des ravages cette semaine dans ces cantons : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

La Suisse traverse une vague de grippe particulièrement sévère et précoce cette année, un phénomène qui affecte à la fois les individus et le système de santé du pays. D’habitude attendue en janvier, l’épidémie a débuté dès début décembre et s’est rapidement intensifiée. 

Face à la virulence du virus, les hôpitaux, déjà sous pression après des années de pandémie, sont contraints de gérer un afflux important de patients. Cette situation s’ajoute à un contexte déjà tendu, où la gestion des soins d’urgence et des maladies saisonnières devient de plus en plus complexe, notamment pendant la période des fêtes.

Une vague de grippe précoce et virulente : des chiffres inquiétants

La grippe frappe cette année bien plus tôt que d’habitude. Cette dernière semiane de décembre 2025, la Suisse a enregistré une forte recrudescence des cas de grippe, avec une augmentation de 22 % du nombre de cas confirmés en laboratoire par rapport à la semaine précédente. Près de 2900 cas ont été répertoriés en Suisse et au Liechtenstein durant cette période, un chiffre qui a fortement perturbé le système de santé. Ce démarrage précoce de l’épidémie, généralement attendue au début janvier, a été particulièrement marqué par la virulence de la souche grippale en circulation, probablement une variante H3N2, connue pour causer des symptômes plus graves.

Les conséquences de cette montée en flèche des infections sont immédiates et visibles. À Bâle, par exemple, l’Hôpital universitaire a observé une augmentation spectaculaire des hospitalisations pour grippe, près de quatre fois plus de patients que l’année précédente à la même période. Cette situation a poussé l’établissement à imposer le port obligatoire du masque, afin de protéger les patients et le personnel médical. Les chiffres varient selon les cantons, mais le canton de Bâle-Ville se distingue particulièrement, avec un taux de 59,59 cas pour 100 000 habitants après Noël, loin devant d’autres régions comme Obwald, où seulement 5,04 cas ont été enregistrés.

L’intensification rapide de l’épidémie est en partie due aux conditions saisonnières : le froid, l’humidité et la fermeture de nombreux cabinets médicaux durant les fêtes ont favorisé la propagation du virus. En conséquence, de plus en plus de personnes se tournent vers les urgences, augmentant ainsi la pression sur les hôpitaux déjà saturés. Cette situation est d’autant plus problématique que, traditionnellement, la grippe se développe à une époque où les ressources médicales sont limitées en raison des vacances et des congés.

Des hôpitaux saturés : la pression sur les services d’urgence

L’une des principales conséquences de cette vague de grippe est la saturation des hôpitaux et des services d’urgence. Les établissements de santé suisses, en particulier à Bâle, ont connu une surcharge importante de cas de grippe nécessitant une hospitalisation, ce qui a mis à mal la gestion des soins. Selon une porte-parole de l’Hôpital universitaire de Bâle, le nombre de personnes hospitalisées pour grippe a atteint des niveaux inédits, obligeant les établissements à redéployer leur personnel et à réorganiser les flux de patients, relate 20 min. Cela a entraîné des ajustements importants dans les priorités des soins, avec des traitements d’urgence pour les cas graves de grippe, souvent accompagnés de complications respiratoires.

Le nombre de consultations pour symptômes grippaux a également fortement augmenté avant Noël, dépassant deux fois le nombre enregistré à la même période l’année précédente. Cette tendance s’est poursuivie après les fêtes, avec une hausse notable des patients se rendant directement aux urgences en raison de la fermeture temporaire des cabinets médicaux. Les hôpitaux se sont retrouvés contraints de limiter certaines interventions non urgentes pour concentrer leurs ressources sur les cas les plus critiques. Cette situation a montré les vulnérabilités du système de santé suisse, déjà fragilisé par les crises précédentes liées à la pandémie de COVID-19.

Les régions les plus touchées, comme le Jura et Schaffhouse, ont également connu des taux de grippe élevés, dépassant les 50 cas pour 100 000 habitants. Les autorités sanitaires ont insisté sur l’importance de la vaccination et de la prévention, rappelant que ces mesures demeurent essentielles pour contenir la propagation du virus et éviter une surcharge du système hospitalier. Toutefois, la vaccination n’a pas été suffisamment efficace cette année contre la souche dominante du virus, ce qui a contribué à l’intensité de l’épidémie.

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