La moitié des Suisses s’inquiète pour son budget : découvrez les dépenses qu’ils prévoient de réduire en 2026

Face à l’incertitude économique, un tiers des Suisses prévoit de réduire ses dépenses en 2026, touchant divers secteurs comme le commerce et l’alimentation.

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Suisse
La moitié des Suisses s’inquiète pour son budget : découvrez les dépenses qu’ils prévoient de réduire en 2026 : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

L’année 2026 s’annonce difficile pour un grand nombre de ménages suisses. En effet, près d’un tiers des habitants prévoient de réduire leurs dépenses afin de faire face à une situation économique jugée incertaine. Cette tendance touche particulièrement les régions romandes et le Tessin, où les préoccupations économiques sont plus fortes. 

Une enquête menée par l’institut d’études de marché Management Tools Research révèle que le climat de consommation pour l’année à venir sera marqué par une grande prudence, avec des ajustements budgétaires déjà entamés par une partie de la population. Les habitudes de consommation devraient donc se réorienter vers plus de modération, notamment dans les domaines non essentiels.

Un climat économique tendu, des ajustements déjà en place

D’après l’étude du 30 décembre, 32% des ménages suisses ont l’intention de réduire leur budget en 2026, face à une situation de plus en plus incertaine. Ce chiffre est particulièrement élevé chez les moins de 45 ans, avec 41% d’entre eux qui prévoient de limiter leurs dépenses. En Suisse romande et au Tessin, où les inquiétudes sont les plus marquées, 61% et 59% des répondants respectivement jugent leur situation économique difficile, voire critique. À l’opposé, la Suisse alémanique semble moins touchée par cette morosité : plus de la moitié des habitants dans cette région ne s’inquiètent pas de leur situation financière et 52% la jugent bonne ou très bonne.

La moitié de la population suisse se dit inquiète de ses finances pour 2026, avec 30% ayant déjà entamé des ajustements pour limiter leurs dépenses. Toutefois, 42% des sondés se montrent optimistes, estimant que leur situation économique est bonne, voire très bonne. Cette divergence dans la perception de la situation économique à travers le pays reflète des inégalités régionales importantes, amplifiant les tensions économiques internes.

Pour faire face à cette incertitude, les Suisses semblent vouloir adopter une approche plus rigoureuse de leurs finances. 37% des personnes interrogées prévoient de réduire leurs dépenses pour les articles de consommation courante, et 35% souhaitent diminuer leurs achats de vêtements. Les sorties, comme les repas au restaurant (31%), ainsi que les activités culturelles et de loisirs (24%), seront également mises à l’écart par une partie importante de la population. Ces comportements témoignent d’une volonté de maîtriser les dépenses discrétionnaires, tandis que certains secteurs tels que les assurances et les frais de santé ne permettront pas de réduire les coûts.

Une pression sur la consommation : les secteurs touchés

L’impact de cette réduction des dépenses se fait déjà ressentir sur plusieurs secteurs clés de l’économie suisse. Le commerce de meubles, par exemple, est particulièrement touché. Environ un quart des sondés (25%) affirment vouloir dépenser moins dans ce secteur, notamment chez des géants comme Ikea. L’électronique et les articles ménagers sont également sous pression : plus de 20% des répondants envisagent de réduire leurs achats dans des enseignes comme Galaxus, Media Markt, Fust et Interdiscount.

Concernant l’alimentation, bien que moins de personnes aient l’intention de réduire leur budget, les grandes surfaces comme Migros, Coop, Aldi et Lidl pourraient voir leurs ventes affectées par cette prudence. Environ la moitié des sondés souhaitent maintenir leurs dépenses alimentaires, mais une proportion significative préfère réduire leur budget plutôt que l’augmenter. Cette tendance devrait mettre les détaillants sous pression pour ajuster leurs stratégies commerciales et proposer davantage de promotions afin de séduire des consommateurs plus attentifs à leurs finances.

En revanche, les secteurs de la santé et des assurances semblent échapper à cette tendance de réduction des dépenses. En effet, près de 50% des répondants s’attendent à une augmentation de leurs dépenses de santé en 2026, un phénomène largement lié à la hausse des primes d’assurances. Cette réalité met en évidence les défis auxquels de nombreux ménages seront confrontés, étant donné que la santé reste une priorité, mais un poste de dépenses lourd dans le budget des familles.

Recours aux crédits : une solution à court terme

Face à des finances serrées, de nombreux Suisses envisagent d’adopter des solutions de financement comme le paiement sur facture ou les crédits. Environ 25% des sondés déclarent qu’ils paieront plus souvent sur facture en 2026, tandis que 11% optent pour le paiement échelonné. De plus, 4% sont prêts à recourir au leasing, et 3% envisagent d’avoir recours à un crédit pour financer des achats importants. Cette tendance est particulièrement marquée chez les hommes, qui sont deux fois plus nombreux que les femmes à envisager de demander un crédit ou de recourir à un paiement échelonné.

Ce recours accru à l’endettement pourrait être un indicateur de la fragilité de la situation économique pour une partie de la population. Le fait que 13% des sondés affirment ne pas pouvoir épargner du tout, avec un pourcentage particulièrement élevé au Tessin (29%), montre que les inégalités de revenus et les conditions de vie difficiles influencent les comportements économiques des ménages. En moyenne, les Suisses épargnent 1 220 francs par mois, mais cet écart est considérable : ceux gagnant moins de 7 000 francs économisent en moyenne 360 francs, tandis que ceux gagnant plus de 9 000 francs mettent de côté plus de 2 800 francs.

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