Les dépenses sociales en Suisse ont augmenté de manière significative au cours des dernières décennies. Cependant, elles restent bien inférieures à celles de nombreux voisins européens, notamment la France, l’Allemagne et la Suède.
Bien que le système social suisse soit souvent perçu comme l’un des plus robustes au monde, il est également source de débats passionnés. Tandis que certains dénoncent un démantèlement progressif des prestations, d’autres craignent un système devenu trop coûteux et incontrôlé.
Une croissance des dépenses sociales marquée, mais toujours modérée
Depuis 1990, les dépenses sociales en Suisse ont progressé de façon constante, passant de 6,88 milliards de francs à 29,4 milliards en 2024. Selon les projections de la Confédération, ces dépenses devraient atteindre plus de 34 milliards de francs dans les années à venir. Cette augmentation est principalement attribuée à trois facteurs clés : l’évolution économique du pays, le vieillissement de la population et les décisions politiques prises pour soutenir les systèmes de prévoyance sociale.
L’économie suisse a connu une forte croissance, ce qui a permis une augmentation des recettes fiscales et des fonds alloués à la prévoyance sociale. L’un des éléments les plus déterminants a été l’augmentation de l’espérance de vie, un phénomène qui a fait augmenter de manière significative le nombre de bénéficiaires des prestations sociales, notamment pour l’Assurance Vieillesse et Survivants (AVS). En 1990, l’espérance de vie des femmes était de 5 ans inférieure à celle de 2024, et celle des hommes de 8 ans. Ce phénomène démographique a conduit à une pression accrue sur les fonds destinés à la santé et à la retraite.
Les dépenses sociales en Suisse sont principalement allouées à l’AVS, à l’Assurance Invalidité (AI), à l’assurance maladie, et à la gestion de la migration. Cette répartition illustre l’importance de soutenir une population vieillissante et de garantir l’accès aux soins pour tous les citoyens. Néanmoins, la question de l’évolution future de ces dépenses demeure cruciale, car l’augmentation de l’espérance de vie, bien qu’encourageante, place également une pression croissante sur les ressources sociales du pays.
Des dépenses sociales faibles comparées à l’international
Malgré cette augmentation significative des dépenses sociales, la Suisse reste relativement modérée en comparaison avec d’autres pays développés. Selon une publication sur le réseau LinkedIn de l’économiste Stefan Legge, les dépenses sociales en Suisse représentent environ 16 % du PIB, un chiffre bien inférieur à celui de pays comme la France (30,6 %), l’Allemagne (27,9 %) ou la Suède (26,1 %). Ces données etraites du dernier rapport de Our World in Data, montrent que, bien que les dépenses sociales aient augmenté en Suisse, elles restent faibles par rapport aux standards internationaux.
En 1990, la Suisse consacrait 12,6 % de son PIB aux dépenses sociales, un chiffre qui a augmenté de manière relativement modérée, souligne Blick. Cela contraste avec des pays comme les États-Unis, où les dépenses sociales étaient de 13,2 % en 1990 et ont atteint 19,8 % en 2024. Bien que cette augmentation soit notable, elle reste en deçà des dépenses sociales des autres pays européens. La France, par exemple, a vu ses dépenses sociales passer de 24,6 % à plus de 30 % du PIB, un écart significatif par rapport à la Suisse.
L’évolution de la Suède est également remarquable. Si le pays a vu ses dépenses sociales augmenter jusqu’en 1993 pour atteindre plus de 34 % du PIB, elles ont ensuite diminué pour revenir à un niveau proche de celui de 1990. Ce recul témoigne des efforts de réduction des dépenses sociales dans certains pays européens, mais il soulève également des questions sur l’équilibre entre l’efficacité des dépenses et la durabilité du système.
La Suisse, de son côté, maintient une approche prudente en matière de dépenses sociales. Ce modèle plus modéré est souvent perçu comme plus équilibré, notamment parce qu’il permet de garantir des prestations de qualité tout en évitant un endettement excessif. Cependant, cette faible part du PIB consacrée au social pourrait poser un problème à long terme, surtout avec le vieillissement démographique et l’augmentation des besoins sociaux.








