Au troisième trimestre 2025, l’économie suisse a connu un recul inattendu du produit intérieur brut (PIB) de 0,5%, après une légère croissance de 0,2% au trimestre précédent. Ce ralentissement est attribué en grande partie au secteur chimique et pharmaceutique, traditionnellement moteur des exportations suisses.
Si la consommation intérieure a montré une certaine résistance, notamment grâce aux dépenses des ménages, la contraction des secteurs industriels clés pose des questions sur la stabilité économique du pays. Le contexte est également marqué par une pression internationale accrue, notamment les tensions commerciales avec les États-Unis et les défis liés à la production d’énergie.
L’industrie chimique et pharmaceutique : une chute après un pic des exportations
Le secteur chimique et pharmaceutique, historiquement un pilier de l’économie suisse, a subi une baisse significative de près de 8% de sa valeur ajoutée au troisième trimestre. Cette diminution est, selon le Secrétariat d’État à l’économie (Seco), le résultat d’un « contrecoup » lié à la forte hausse des exportations observée dans les trimestres précédents. En effet, dans un contexte d’incertitude commerciale, les entreprises du secteur ont anticipé des hausses de taxes sur leurs produits, particulièrement en provenance des États-Unis.
Bien que l’industrie chimie-pharma ait été exemptée des surtaxes de 39% imposées en août 2025 par les États-Unis sur certains produits suisses, les menaces de Donald Trump de revenir sur cette décision ont conduit à une augmentation des expéditions vers le marché américain. Les exportations ont ainsi connu un pic en raison des anticipations liées aux mesures tarifaires, mais cette forte activité n’a pas pu se maintenir sur le long terme. En novembre 2025, un accord-cadre a permis de fixer des droits de douane à 15%, comme dans l’Union européenne, mais l’incertitude demeure pour le secteur pharmaceutique, notamment en raison des efforts américains pour faire baisser les prix des médicaments et des investissements massifs dans ce domaine.
L’impact sur l’économie suisse est clair : la chimie et la pharmacie, qui jouent un rôle crucial dans les exportations du pays, ne parviennent plus à compenser les perturbations liées à la politique commerciale américaine et aux fluctuations de la demande mondiale. Cette situation met en lumière la vulnérabilité de l’économie suisse, qui reste largement dépendante de quelques secteurs-clés.
La consommation intérieure et les services : des moteurs de résilience
Bien que le secteur industriel ait été fragilisé, la consommation privée en Suisse a montré des signes de solidité au troisième trimestre. Les dépenses des ménages ont progressé de 0,4%, soutenues par une hausse des dépenses en logement, énergie, santé, et services de restauration. Cette dynamique est également liée à l’augmentation du nombre de touristes étrangers, qui ont soutenu les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. De plus, la communication a vu une croissance significative, contribuant à cette stabilité.
Les exportations de services, cependant, n’ont pas connu la même dynamique. Elles ont stagné, enregistrant une croissance faible dans des secteurs comme le transport et les services aux entreprises, qui ont même vu une baisse de la valeur ajoutée pour le deuxième trimestre consécutif. Cependant, les services financiers ont continué à progresser, avec une hausse de 3,6%, soutenue par la croissance des opérations d’intérêts et de commissions.
Le secteur de la construction, en revanche, a vu un léger recul, avec une baisse des investissements dans ce domaine, ce qui a eu pour conséquence une diminution de la valeur ajoutée dans le bâtiment et le génie civil de 0,6%. Cela souligne que, bien que la consommation reste un facteur important de soutien à l’économie, les investissements industriels et dans l’infrastructure, essentiels à la croissance à long terme, connaissent une certaine stagnation.
Cette diversité dans la performance des différents secteurs met en évidence une économie suisse en transition, où la consommation privée et certains services réussissent à limiter l’impact du ralentissement industriel. Néanmoins, la baisse des exportations et la pression sur les secteurs industriels restent des facteurs d’incertitude.








