La Suisse, connue pour sa stabilité économique et sa place de leader mondial dans plusieurs secteurs, abrite certaines des plus grandes fortunes au monde. En 2025, le patrimoine total des 300 Suisses les plus riches atteint un montant record de 851,5 milliards de francs, selon le dernier classement «Bilanz».
Une somme impressionnante qui reflète non seulement la prospérité du pays, mais aussi l’influence de ces fortunes à l’échelle internationale. Cette année, le seuil d’entrée dans le top 10 des plus riches s’élève à 15 milliards de francs, un niveau qui témoigne de la concentration de la richesse dans le pays.
Diversification des investissements : Une stratégie clé pour maintenir la richesse
Une caractéristique notable des plus grandes fortunes suisses réside dans leur capacité à diversifier leurs investissements à l’échelle internationale. Les Wertheimer, propriétaires de Chanel, représentent parfaitement cette approche et occupe al première place du classement Bilanz. Bien que le groupe de luxe ait souffert d’une baisse de son chiffre d’affaires de 5,3 % en 2024, les frères Alain et Gérard Wertheimer ont décidé de ne pas se verser de dividendes, préférant réinvestir 1,8 milliard de dollars pour renforcer l’expansion de leurs magasins dans le monde entier. Chanel compte désormais près de 700 boutiques à travers le globe, et leurs efforts pour s’étendre à des villes comme Tokyo, New York et Nankin témoignent de leur stratégie à long terme.
Mais la diversification ne se limite pas au secteur du luxe. Andrea Pignataro, fondateur du groupe ION, a fait de cette stratégie une partie intégrante de son succès. Spécialisé dans les données financières et l’analyse des marchés, Pignataro a fait croître son groupe à travers des acquisitions, permettant à ION de devenir un acteur majeur dans son domaine, avec plus de 13 000 employés à travers le monde. Le groupe d’investissements ION représente aujourd’hui une valeur d’environ 30 milliards de dollars et détient des actifs variés, allant des biens immobiliers de luxe aux participations dans des entreprises non cotées.
D’autres, comme la famille Aponte avec leur géant du transport maritime MSC, suivent une logique similaire. MSC est devenu le plus grand prestataire de transport maritime au monde, avec une flotte de près de 900 navires. En 2024, le groupe a continué d’étendre ses capacités en ajoutant 25 nouveaux porte-conteneurs et en développant sa division de gestion de terminaux portuaires. Ces investissements dans des secteurs variés permettent à la famille Aponte de préserver sa position dominante, malgré des turbulences économiques comme les tensions commerciales ou la hausse des coûts énergétiques.
Les défis économiques : Une année contrastée pour les grandes fortunes
Malgré la diversification, l’année 2025 a été marquée par des revers pour certaines fortunes. Klaus-Michael Kühne, figure de proue du secteur de la logistique avec Kühne+Nagel et Hapag-Lloyd, a subi une perte substantielle d’environ six milliards de francs en raison du ralentissement de l’activité dans le secteur maritime. Les taux de fret ont baissé, et les effets des fluctuations monétaires, notamment la faiblesse du dollar et de l’euro, ont pesé sur les résultats. Cependant, Kühne a su compenser en diversifiant ses investissements dans des domaines comme la pharmacie et les transports, tout en poursuivant ses engagements philanthropiques et culturels.
La famille Roche, quant à elle, a vu ses fortunes évoluer dans un contexte incertain pour l’industrie pharmaceutique, avec des débats sur les prix des médicaments et les nouvelles taxes douanières américaines. Cependant, Roche a répondu par un plan d’investissements ambitieux de 50 milliards de dollars pour moderniser ses sites de production, notamment aux États-Unis, et pour racheter des entreprises dans le domaine des biotechnologies, comme la société 89bio pour 2,4 milliards de dollars, explique Blick. Malgré ces défis, les actions de Roche ont continué de progresser, affirmant la solidité de son modèle économique face aux turbulences.
Dans le domaine de la consommation, Jorge Lemann, bien que confronté à une baisse de certaines de ses participations, a continué à renforcer son empire avec l’acquisition de Skechers, un leader mondial des chaussures de sport. Sa société d’investissement 3G Capital a également renforcé sa position avec des investissements dans des entreprises comme On, un fabricant suisse de chaussures de sport, et d’autres projets dans l’alimentation et la distribution. Lemann a ainsi su préserver sa richesse en misant sur des secteurs à forte croissance, tout en restant stratégique face aux évolutions du marché mondial.








