Le salaire médian en Suisse a atteint 7024 francs suisses par mois en 2024, marquant ainsi une augmentation notable par rapport à 2022, où il s’élevait à 6788 francs. Cette évolution, bien qu’importante, soulève plusieurs questions sur son impact réel face à une inflation toujours présente.
En effet, la hausse des salaires reste insuffisante pour compenser la flambée des prix observée ces dernières années. Si certains secteurs continuent d’afficher des salaires élevés, d’autres peinent à suivre, exacerbant ainsi les inégalités économiques au sein de la population.
L’écart entre salaires et inflation : un défi pour le pouvoir d’achat
L’inflation en Suisse a été particulièrement marquée ces dernières années. Depuis 2020, les prix ont augmenté de plus de 7 %, un phénomène qui a mis une pression considérable sur le pouvoir d’achat des Suisses. Cependant, cette flambée des prix n’a pas été suivie d’une augmentation comparable des salaires. Le salaire médian en Suisse a effectivement enregistré une hausse de 236 francs, soit +3,5 %, pour atteindre 7024 francs mensuels en 2024. Bien que cette augmentation semble positive à première vue, elle demeure largement insuffisante pour compenser l’inflation, ce qui signifie qu’une part importante de la population suisse continue de faire face à une perte de pouvoir d’achat.
Les données de l’Office fédéral de la statistique (OFS) montrent que, malgré une hausse des salaires, les écarts de revenus entre les travailleurs restent importants. En effet, les 10 % des salariés les moins bien rémunérés gagnent moins de 4635 francs par mois, tandis que les 10 % les mieux payés perçoivent plus de 12 526 francs. Entre 2008 et 2024, les salaires des travailleurs les plus pauvres ont augmenté de 18,1 %, tandis que ceux des mieux rémunérés ont connu une hausse de 16,8 %. Ce décalage met en lumière un déséquilibre dans la croissance salariale, avec une progression plus lente pour la classe moyenne (15,4 %). Les écarts de salaires entre les segments les plus élevés et les plus bas de la pyramide salariale sont restés relativement stables au fil des années, mais l’écart de pouvoir d’achat, lui, continue de se creuser.
Des disparités marquées selon les secteurs et les sexes
La répartition des salaires en Suisse reste profondément influencée par les secteurs économiques. Les secteurs à forte valeur ajoutée, comme la recherche et le développement, l’industrie pharmaceutique et le secteur bancaire, continuent d’afficher des salaires bien supérieurs à la médiane. Par exemple, le salaire moyen dans le secteur pharmaceutique est de 10 159 francs, et dans le secteur bancaire, il atteint 10 723 francs par mois. Ces secteurs bénéficient de la demande élevée pour des compétences spécialisées et d’une forte rentabilité, permettant ainsi des rémunérations plus attractives.
À l’opposé, des secteurs tels que le commerce de détail, l’hébergement, la restauration et les services à la personne restent largement sous la médiane. Par exemple, les travailleurs du commerce de détail gagnent en moyenne 5214 francs, et ceux de l’hébergement et de la restauration perçoivent respectivement 4715 et 4744 francs par mois. Ces secteurs, souvent caractérisés par des marges bénéficiaires plus faibles et une main-d’œuvre moins qualifiée, peinent à offrir des hausses salariales substantielles, créant ainsi un fossé entre les secteurs à forte et faible valeur ajoutée.
Les écarts salariaux entre les sexes, bien qu’en réduction progressive, demeurent préoccupants. En 2024, l’écart salarial entre les hommes et les femmes a atteint 8,4 %, contre 9,5 % en 2022 et 11,5 % en 2018. Cette différence s’explique par des facteurs tels que le niveau d’études, l’âge, le secteur d’activité et les responsabilités occupées. Toutefois, cet écart reste plus marqué dans les postes à haute responsabilité. Par exemple, les femmes occupant des postes à haute responsabilité gagnent en moyenne 10 077 francs par mois, tandis que leurs homologues masculins perçoivent 11 715 francs, soit une différence de 14 %. À l’inverse, dans les emplois sans responsabilité managériale, l’écart est plus faible, à 5,2 %. De manière générale, les femmes sont plus nombreuses dans les secteurs à bas salaires, tandis que les hommes dominent les secteurs mieux rémunérés.








