Grâce à une faille dans l’accord avec Trump, ces secteurs clés de l’économie suisse pourront profiter d’une exonération d’impôts complète

L’économie suisse, bien qu’impactée par les droits de douane de Trump, a su s’adapter grâce à des exemptions et des investissements stratégiques.

Publié le
Lecture : 3 min
Trump
Grâce à une faille dans l'accord avec Trump, ces secteurs clés de l'économie suisse pourront profiter d’une exonération d'impôts complète : Crédit : watson | Econostrum.info - Suisse

Les relations commerciales entre la Suisse et les États-Unis sous l’administration de Donald Trump ont été marquées par des tensions commerciales et des hausses de droits de douane. En 2025, Trump a imposé des droits de douane élevés pouvant atteindre 39% sur de nombreux produits suisses, y compris des secteurs clés tels que l’aéronautique, le café, l’or et les médicaments. 

Bien que la Suisse ait subi cette pression commerciale ces derniers mois, plusieurs secteurs ont bénéficié de nouvelles exceptions qui devront atténuer les impacts négatifs. Ces ajustements permetteront à certaines industries suisses de préserver leur compétitivité, malgré un contexte international tendu.

L’aéronautique suisse : un retour à la situation de 1979

L’industrie aéronautique suisse, et plus particulièrement le constructeur Pilatus, a été l’une des premières à subir les effets des droits de douane américains, avec un taux initial de 39%. Les exportations d’avions Pilatus vers les États-Unis ont dû être suspendues, ce qui a mis à mal un secteur particulièrement stratégique pour la Suisse. Cependant, la situation a pris un tournant positif lorsque les États-Unis ont rétabli un accord tarifaire datant de 1979, qui permet aux avions suisses de bénéficier d’une exonération totale de droits de douane. Cet accord, qui remonte à une époque où plus de 30 États s’étaient engagés à abolir les droits de douane dans la construction aéronautique civile, a permis de réintroduire un taux de 0% sur les exportations de ce secteur entre la Suisse et les États-Unis.

L’Association aéronautique américaine (NBAA) a confirmé que cet accord serait désormais appliqué entre les États-Unis, la Suisse et la Corée du Sud, offrant ainsi une nouvelle stabilité au secteur aéronautique suisse. Ce retour à un régime douanier favorable est un soulagement pour Pilatus et d’autres entreprises suisses opérant dans l’aéronautique, et il montre que, malgré les menaces de Trump, des accords passés peuvent encore offrir une issue favorable.

Le café et l’industrie pharmaceutique : des exemptions cruciales

Le secteur du café suisse, dominé par des entreprises comme Nespresso, a également été durement affecté par l’augmentation des droits de douane ces derniers temps, notamment sur les produits alimentaires importés. Cependant, la Suisse a pu obtenir la levée de ces droits de douane sur des produits clés comme le café, les bananes, les tomates et le cacao. Cette décision a été saluée comme une victoire majeure pour la Suisse, car elle est le principal acteur mondial dans l’exportation de grains de café torréfiés. Nespresso, en particulier, qui dépend des exportations de ses capsules aux États-Unis, a pu éviter l’augmentation des coûts de production et maintenir sa position de leader sur le marché américain.

L’industrie pharmaceutique a également été au cœur des négociations douanières. En 2025, Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 100% sur tous les médicaments de marque ou brevetés en provenance de la Suisse. Cette menace visait à faire pression sur les entreprises pharmaceutiques pour qu’elles baissent les prix des médicaments aux États-Unis. Toutefois, les grandes entreprises pharmaceutiques suisses, comme Roche et Novartis, ont réagi rapidement en investissant massivement aux États-Unis pour échapper à ces sanctions. Novartis a annoncé la création d’un centre de production en Caroline du Nord, un projet qui prévoit la création de 700 nouveaux emplois. L’entreprise a prévu d’investir 50 milliards de dollars dans l’implantation de sa production sur le sol américain, tout comme Roche, qui s’est également engagée à investir 50 milliards de dollars dans le pays.

Ces investissements ont permis de garantir que les médicaments suisses ne soient pas soumis aux droits de douane de 100% et ont en même temps offert à Trump une solution à sa volonté de produire davantage aux États-Unis. Pour la Suisse, cet accord a permis de maintenir l’accès au marché américain tout en répondant aux exigences de Trump.

L’or et les tensions liées à l’exportation

L’or, un autre secteur clé de l’économie suisse, a également été au centre des discussions douanières. En raison des droits de douane punitifs imposés par Trump, la Suisse, qui est le plus grand raffineur d’or au monde, a vu ses exportations de lingots d’or vers les États-Unis devenir une source de tensions. Ces lingots contribuent à alimenter le déficit commercial américain. Certaines voix se sont élevées en Suisse, demandant même un droit de douane de 39% sur les lingots d’or exportés vers les États-Unis. Nick Hayek, le patron de Swatch, a suggéré que si Trump voulait de l’or, il pourrait être prêt à négocier, relate Blick.

Néanmoins, l’or a été jusqu’à présent épargné par les droits de douane, bien que des discussions aient eu lieu sur la nécessité pour la Suisse de transformer davantage d’or aux États-Unis, selon Jamieson Greer, représentant américain au commerce. Cette idée d’augmenter la transformation d’or aux États-Unis pourrait devenir une exigence à l’avenir, mais les raffineurs d’or suisses se montrent prudents, préférant négocier des solutions qui restent économiquement viables.

Laisser un commentaire

Share to...