Les exportations du canton de Vaud ont enregistré une baisse notable de 5,7 % en 2024, atteignant 14,8 milliards de francs suisses. Cette contraction, après déjà un recul de 5,9 % en 2023, est principalement imputée à des facteurs économiques mondiaux, notamment la faible croissance et la force du franc suisse.
Le secteur de l’horlogerie, pilier historique de l’économie vaudoise, a subi une réduction des exportations de 8 % en 2024, un retournement après trois années de croissance continue. Cette situation illustre la fragilité des exportations du canton, particulièrement sensibles aux turbulences économiques internationales.
L’horlogerie vaudoise : un secteur frappé par des vents contraires
L’horlogerie est un secteur clé pour l’économie du canton de Vaud, mais elle a été durement affectée par des facteurs économiques globaux. En 2024, les exportations de montres suisses ont chuté de 8 %, marquant ainsi une correction après trois années consécutives de forte croissance, révèle Statistique Vaud mardi dans un communiqué. Ce déclin est dû à plusieurs éléments, parmi lesquels une demande plus faible sur certains marchés traditionnels et la politique commerciale américaine. En effet, les États-Unis, qui représentent environ 21 % des exportations vaudoises, ont vu leur part de marché se réduire en raison des tensions commerciales, des tarifs douaniers et d’une consommation moins soutenue.
La montée du franc suisse a également joué un rôle important dans cette baisse des exportations. En rendant les produits suisses plus chers à l’international, la monnaie forte a pénalisé les secteurs exportateurs comme l’horlogerie, qui dépend largement de la compétitivité de ses prix sur les marchés étrangers. Bien que les montres suisses continuent d’incarner le luxe et la qualité, la hausse du franc a fragilisé la position des entreprises suisses face à la concurrence étrangère. Ce phénomène a poussé les fabricants à repenser leurs stratégies d’exportation, notamment en cherchant à se diversifier vers de nouveaux marchés.
Cette situation a conduit à un recalibrage des objectifs des entreprises horlogères, qui se retrouvent face à une demande plus volatile. Alors que certains marchés, comme la Chine, ont montré un potentiel de croissance pour les produits de luxe, d’autres, comme les États-Unis, ont mis à l’épreuve la compétitivité des montres suisses, forçant le secteur à s’adapter. Les grandes marques devront donc se montrer plus innovantes et réactives pour maintenir leur place sur la scène internationale.
Un canton touché par une baisse généralisée des exportations
La contraction des exportations vaudoises en 2024 n’a pas affecté que l’horlogerie. Le secteur des boissons et des produits alimentaires transformés a également souffert, avec une baisse de 12 % des exportations. Ce recul témoigne de la pression exercée par la faible croissance économique mondiale, combinée à un franc suisse qui reste élevé, rendant les produits suisses moins compétitifs sur les marchés internationaux. Au total, les exportations vaudoises ont diminué de 900 millions de francs par rapport à 2023, soit une baisse de 5,7 %.
Cependant, les exportations suisses dans leur ensemble ont connu une légère augmentation de 2,7 % en 2024. Néanmoins, cette croissance est largement due aux performances exceptionnelles de Bâle-Ville, où l’industrie pharmaceutique représente une part importante des exportations. Si l’on exclut ce canton, les autres régions de Suisse, dont Vaud, ont vu leurs exportations chuter de 3,3 %. Cela met en évidence que les difficultés économiques affectent différemment les régions du pays et que Vaud, en particulier, doit faire face à des défis supplémentaires en raison de la forte concentration de son économie dans des secteurs sensibles aux fluctuations économiques mondiales.
Le canton de Vaud, avec ses secteurs diversifiés mais vulnérables, pourrait donc avoir du mal à se remettre de ces baisses de manière rapide, en particulier si les tensions commerciales et la volatilité monétaire persistent. Si les prévisions pour la première partie de 2025 suggèrent encore une croissance, les exportations vaudoises pourraient continuer à souffrir, surtout si les conditions économiques mondiales restent incertaines.








