À vos pendules, les Suisses devront ajuster leurs montres ce week-end !

Le passage à l’heure normale en Suisse ce dimanche 26 octobre soulève des enjeux sanitaires, sécuritaires et économiques bien au-delà de l’ajustement horaire.

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À vos pendules, les Suisses devront ajuster leurs montres ce week-end ! : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Ce week-end, la Suisse effectuera le traditionnel passage à l’heure normale, dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre 2025. À 03h00, les horloges seront reculées d’une heure, marquant ainsi la fin de l’heure d’été et le retour à l’heure normale, qui restera en vigueur jusqu’au 29 mars 2026. 

Ce changement, bien que ritualisé au fil des ans, suscite des débats, en particulier sur ses répercussions sur la santé, la sécurité, et même sur les secteurs économiques. Le passage à l’heure normale, une pratique qui a traversé plus de 125 ans d’histoire en Suisse, reste un sujet d’actualité, avec des implications importantes pour les citoyens, les entreprises et les services publics.

03h00 : Le passage officiel et ses effets immédiats

Le passage à l’heure normale en Suisse ne se fait pas sans un certain impact. À 03h00 du matin, dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre, les horloges seront reculer d’une heure pour revenir à 02h00, rallongeant ainsi la nuit d’une heure. Ce changement marque la fin de l’heure d’été, qui a été appliquée depuis le 29 mars 2025. Bien que ce phénomène se produise chaque année à la même période, il peut paraître anodin, mais ses effets ne doivent pas être sous-estimés.

Le retour à l’heure normale, ou heure de l’Europe continentale, a lieu depuis plus de 125 ans en Suisse, et si la majorité des appareils modernes, comme les téléphones portables ou les ordinateurs, s’ajustent automatiquement à ce changement, d’autres dispositifs, comme les horloges analogiques ou les réveils manuels, nécessitent un réglage effectué par l’utilisateur. Cette opération concerne aussi bien les infrastructures publiques telles que les horloges des gares, les clochers d’églises ou les feux de signalisation. Le système de changement d’heure, bien que largement automatique aujourd’hui, a été introduit en 1981 dans le but de mieux synchroniser les horaires avec ceux de l’ensemble des pays voisins, afin d’optimiser les activités commerciales et de réaliser des économies d’énergie.

D’un point de vue pratique, ce changement implique des ajustements dans tous les domaines de la vie quotidienne : les transports, les horaires de travail, et même les loisirs sont directement impactés. Cependant, ce geste, qui paraît simple, est souvent perçu comme une perturbation dans les rythmes biologiques des individus, et ses répercussions vont bien au-delà d’un simple décalage horaire.

Les impacts du changement d’heure : santé, sécurité et économie

Si le passage à l’heure normale en Suisse semble n’être qu’un ajustement horaire, ses conséquences sont en réalité bien plus vastes et concernent plusieurs domaines. Sur le plan de la santé, des études ont montré que ce changement de temps affecte le rythme circadien des individus, perturbant ainsi leur sommeil et leur bien-être. Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), le lendemain du passage à l’heure d’hiver, 3,5 % de patients supplémentaires se présentent aux urgences par rapport à la normale, et ce chiffre atteint même 6,5 % lors du passage à l’heure d’été. Cela suggère que ce décalage horaire augmente les risques de troubles cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux et d’autres problèmes de santé liés à un dérèglement du sommeil.

Le changement d’heure a également des implications sur la sécurité publique. Un phénomène largement observé est l’augmentation des accidents de la route, en particulier lors des trajets du matin ou du soir, lorsque les automobilistes doivent s’adapter à des conditions de luminosité modifiées. Les chercheurs ont observé que le risque de collisions avec des animaux sauvages, comme des chevreuils ou des cerfs, augmente également, car ces animaux sont particulièrement actifs au moment où les horaires de conduite sont ajustés.

Les effets du changement d’heure ne s’arrêtent pas à la santé et à la sécurité. L’impact économique, bien que moins visible, est également significatif. Le passage à l’heure normale, qui signifie la réduction des heures de clarté en fin de journée, affecte les habitudes de consommation. Par exemple, dans les secteurs du commerce de détail et des loisirs, où les clients privilégient souvent des activités en extérieur après le travail, les ventes peuvent en pâtir. Par ailleurs, des études menées sur les marchés financiers ont montré que les jours suivant le passage à l’heure d’été ou à l’heure normale sont associés à des rendements boursiers moins élevés. Une étude menée par des chercheurs canadiens a confirmé cette tendance, notant que les marchés boursiers mondiaux ont tendance à connaître une faible performance immédiatement après le changement d’heure, selon Blick.

L’avenir du changement d’heure : des débats persistants

Bien que le changement d’heure soit largement intégré dans le quotidien des Suisses, son efficacité, tant sur le plan énergétique que sanitaire, est remise en question. À l’origine instauré pour réaliser des économies d’énergie, ce système semble avoir perdu de sa pertinence, avec des économies désormais inférieures à 1 % par an, comme le soulignent des études récentes. De plus, l’impact sur la santé publique, les accidents et les performances économiques soulève des interrogations sur la nécessité de maintenir une telle pratique.

Dans le cadre de la discussion internationale, l’Union européenne a tenté, en 2019, de mettre fin au changement d’heure. Toutefois, la suppression de cette pratique n’a pas encore été adoptée, faute de consensus entre les États membres. En Suisse, une initiative visant à abroger le changement d’heure a échoué en 2020, en raison d’un manque de signatures. Cependant, les discussions demeurent vives, et l’issue de cette question pourrait influencer les décisions futures en matière de politique horaire, tant au niveau national qu’international.

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