L’issue de la guerre commerciale entre les États-Unis et plusieurs partenaires commerciaux, dont la Suisse, continue de faire des vagues sur l’économie romande. Depuis l’instauration de nouvelles taxes douanières par l’administration de Donald Trump, l’économie suisse, et particulièrement celle des cantons romands, se trouve confrontée à des défis majeurs.
Ces taxes, atteignant des niveaux rarement observés auparavant, ont un impact direct sur plusieurs secteurs économiques, menaçant de ralentir la croissance du PIB de la région. Alors que la politique commerciale américaine n’est pas sans conséquences, les entreprises et les autorités suisses se battent pour trouver des solutions et limiter les dégâts sur une économie déjà fragilisée par la crise sanitaire.
Des taux de douane disparates et des impacts sectoriels
Les droits de douane imposés par les États-Unis affectent différemment les cantons romands, selon la nature de leurs exportations. Alors que certains cantons comme le Jura, Vaud et Fribourg voient leurs droits de douane grimper jusqu’à 34%, d’autres, comme Neuchâtel et le Valais, bénéficient d’un taux plus modéré grâce à une forte proportion de produits pharmaceutiques dans leurs exportations vers les États-Unis. Les taxes douanières sur les exportations suisses vers l’Amérique varient entre 17,7% et 34%, bien au-delà de la moyenne nationale suisse de 19,3%, révèle la nouvelle étude sur le PIB romand publiée ce mercredi par les six banques cantonales romandes en collaboration avec le Forum des 100 organisé par Le Temps. Cette disparité montre clairement que l’impact des nouvelles politiques américaines est loin d’être uniforme sur le territoire suisse.
Les secteurs les plus affectés par ces hausses sont l’industrie horlogère, l’industrie pharmaceutique et les machines. Par exemple, le canton de Vaud, dont une grande partie de l’économie repose sur l’exportation de montres et de produits horlogers, doit faire face à une taxe supplémentaire de 32%. Les horlogers suisses, qui ont toujours dominé le marché mondial, se retrouvent désormais face à une concurrence accrue et des coûts supplémentaires, affectant leur compétitivité. À l’inverse, les cantons du Valais et de Neuchâtel, bien qu’ayant des taux douaniers relativement bas (22,7% et 17,7% respectivement), bénéficient de la forte proportion de médicaments dans leurs exportations, qui sont moins touchés par ces nouvelles taxes.
Cette situation a des conséquences directes sur l’industrie pharmaceutique, qui représente une part importante des exportations des cantons romands. La question de l’exemption de ces produits des nouvelles taxes reste incertaine, et l’issue des négociations avec Washington pourrait avoir un impact décisif. Le maintien des tarifs douaniers actuels sur les produits pharmaceutiques pourrait nuire considérablement à la compétitivité de l’industrie suisse sur le marché américain. Ce secteur, déjà sous pression avec la pandémie de COVID-19, doit également composer avec des coûts supplémentaires et une diminution de la demande en raison de la hausse des prix.
Le ralentissement économique attendu et les mesures de mitigation
Le ralentissement économique attendu pour 2025 et 2026 dans la région romande n’est pas uniquement dû aux droits de douane, mais également à la conjoncture économique mondiale. Selon le Secrétariat d’État à l’économie (Seco), la croissance du PIB romand devrait se limiter à 0,9% en 2026 si les droits de douane restent en place, après avoir été estimée à 1,6% pour l’année en cours. Ce ralentissement est exacerbé par un manque d’élan dans l’économie mondiale, avec un tassement de l’activité aux États-Unis et un ralentissement généralisé de la demande internationale. Bien que la solidité de la demande intérieure suisse et des mesures comme le chômage partiel aident à compenser en partie cet impact, les perspectives restent incertaines.
Dans ce contexte, les autorités suisses cherchent activement des solutions pour contrer les effets néfastes des droits de douane. Les négociations avec les États-Unis pour réduire ces taxes sont cruciales pour limiter la dégradation des relations commerciales et assurer la compétitivité des exportations suisses. Cependant, la lenteur de ces négociations et l’incertitude qui en découle ajoutent à la pression sur les entreprises romandes. En attendant, les entreprises tentent de diversifier leurs marchés d’exportation, se tournant vers l’Europe ou l’Asie, qui restent des destinations privilégiées malgré la prééminence des États-Unis dans les exportations suisses.








