Coopération Suisse-États-Unis : les deux pays signent un accord historique sur les taux de change monétaires

La Suisse et les États-Unis s’engagent à ne pas manipuler leurs taux de change, assurant ainsi une politique monétaire transparente et stable.

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Coopération Suisse-États-Unis : les deux pays signent un accord historique sur les taux de change monétaires : Crédit : Le Bijou Invest | Econostrum.info - Suisse

La manipulation des monnaies a toujours été un sujet sensible dans l’économie mondiale. Les pays qui influencent la valeur de leur devise pour obtenir des avantages compétitifs peuvent perturber l’équilibre économique global.

Dans ce cadre, la Suisse et les États-Unis ont récemment signé un accord historique concernant les taux de change, visant à éviter toute manipulation des monnaies à des fins économiques. Cette décision est d’autant plus significative qu’elle confirme l’importance des interventions des banques centrales pour maintenir la stabilité des prix.

L’accord : un engagement de non-manipulation des monnaies

Le Département fédéral des finances de la Suisse et le Trésor américain ont signé une déclaration commune concernant les pratiques monétaires et les taux de change, réaffirmant leur engagement à ne pas influencer leurs monnaies pour des raisons concurrentielles. Les deux pays ont souligné qu’ils respecteront les principes énoncés par le Fonds monétaire international (FMI), notamment en matière de pratiques monétaires. La déclaration stipule explicitement que ni la Suisse ni les États-Unis n’utiliseront les taux de change ou le système monétaire international pour empêcher l’ajustement naturel des balances des paiements ou pour obtenir des avantages compétitifs inéquitables.

Cet engagement est particulièrement important à un moment où les fluctuations des devises peuvent avoir des conséquences considérables sur les économies mondiales interconnectées. En s’engageant à ne pas manipuler leurs monnaies, la Suisse et les États-Unis visent à maintenir une stabilité économique et à éviter les accusations de manipulation monétaire, comme celles qui ont été adressées à la Suisse dans le passé, notamment sous l’administration de Donald Trump. Ce dernier avait exprimé des préoccupations sur la politique monétaire de la Suisse, la qualifiant de « manipulation monétaire », en raison de l’intervention de la BNS pour limiter l’appréciation du franc suisse.

La déclaration commune entre les deux pays fait également référence à l’importance des interventions sur le marché des changes par la Banque nationale suisse, mais en soulignant que ces interventions doivent viser à garantir des conditions monétaires adéquates pour la stabilité des prix, conformément au mandat légal de la BNS. Ainsi, la Suisse continue de privilégier une politique monétaire visant à éviter une appréciation excessive de sa monnaie, qui pourrait nuire à ses exportations, tout en respectant les engagements internationaux pris avec les États-Unis.

Le rôle de la Banque nationale suisse : stabilité des prix et interventions sur le marché des changes

La Banque nationale suisse (BNS) joue un rôle clé dans la gestion de la politique monétaire du pays. En tant qu’institution indépendante, la BNS utilise des interventions sur le marché des changes pour contrôler la valeur du franc suisse et prévenir une appréciation excessive. Le franc suisse, en raison de son statut de valeur refuge, tend à se renforcer en période d’incertitude économique mondiale, ce qui peut nuire à la compétitivité des produits suisses à l’international.

Dans ce cadre, la BNS intervient régulièrement pour maintenir la stabilité des prix et s’assurer que le franc suisse ne devienne pas trop fort par rapport aux autres devises, en particulier l’euro et le dollar. Toutefois, ces interventions doivent rester dans les limites de ce qui est considéré comme acceptable par les partenaires internationaux, notamment pour éviter que la Suisse ne soit accusée de manipulation monétaire. La déclaration signée avec les États-Unis permet de clarifier ce point en confirmant que la BNS ne cherchera pas à manipuler sa devise à des fins concurrentielles, mais qu’elle continuera d’utiliser les interventions pour garantir la stabilité de l’économie suisse, un objectif qui reste primordial dans le cadre de son mandat.

L’accord renforce la position de la BNS, qui se montre, actuellement, relativement peu interventionniste sur le marché des changes. En effet, selon les experts, la BNS a choisi une approche plus discrète ces derniers mois, en raison notamment de la pression exercée par les États-Unis et des risques associés à une éventuelle accusation de manipulation monétaire, relate Blick. De plus, l’accord souligne l’importance de maintenir une coopération harmonieuse entre les deux pays, en évitant toute action qui pourrait déstabiliser les marchés financiers internationaux.

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