Le 26 septembre, le président américain Donald Trump a annoncé l’introduction de droits de douane de 100 % sur les médicaments brevetés et de marque à partir du 1er octobre. Une nouvelle taxe qui pourrait bouleverser l’industrie pharmaceutique mondiale, et en particulier celle de la Suisse.
Cette mesure vise à encourager la production locale de médicaments aux États-Unis, mais elle comporte une exception significative : les entreprises qui établissent des sites de production sur le sol américain pourraient être exemptées de ces taxes. Pour les géants suisses Novartis et Roche, ces nouvelles règles pourraient offrir une porte de sortie, mais la question reste de savoir si leurs projets d’investissements aux États-Unis seront suffisants pour les protéger des effets de cette décision.
Quels produits sont concernés par la taxe douanière de 100 % ?
La décision de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 100 % concerne principalement les médicaments de marque et brevetés. En revanche, les médicaments génériques, qui représentent une partie importante des exportations pharmaceutiques mondiales, ne seraient pas affectés par cette taxe. Cette distinction pourrait avoir des conséquences importantes, notamment pour les grandes entreprises pharmaceutiques suisses qui dominent le marché des médicaments brevetés.
Un autre point essentiel est l’exemption potentielle pour les entreprises ayant des sites de production en construction aux États-Unis. Trump a précisé que cette exemption s’appliquait à toute entreprise qui commence la construction d’un site, même si celle-ci ne concerne qu’un début symbolique de travaux. Cela pourrait signifier qu’une simple annonce ou un commencement de travaux suffirait pour bénéficier de cette exemption, mais les conditions exactes restent floues. Ce flou crée une incertitude majeure pour les entreprises qui doivent désormais décider si elles doivent accélérer leurs investissements aux États-Unis ou si elles risquent de se retrouver confrontées à une taxe qui pourrait affecter lourdement leur rentabilité.
Novartis et Roche : Seront-elles exemptées ?
Les grandes entreprises pharmaceutiques suisses Novartis et Roche sont directement concernées par cette nouvelle taxe, mais elles ont un atout important : leurs investissements en cours aux États-Unis. Novartis prévoit d’investir 23 milliards de dollars sur cinq ans dans la construction de nouvelles usines et laboratoires aux États-Unis. De son côté, Roche a annoncé un investissement de 50 milliards de dollars pour accroître ses capacités de production sur le territoire américain, avec la construction d’une nouvelle usine en Caroline du Nord.
Ces projets d’investissements pourraient les protéger des nouvelles taxes douanières en vertu de l’exception prévue pour les entreprises qui établissent des sites de production sur le sol américain. Si les travaux sont considérés comme ayant commencé avant la date limite du 1er octobre, les deux entreprises pourraient théoriquement éviter la taxe de 100 % sur leurs produits brevetés. Toutefois, des zones d’ombre subsistent. Trump n’a pas précisé si un début symbolique de travaux suffira pour bénéficier de l’exemption ou si des plans plus concrets doivent être en place. Cette incertitude laisse les entreprises dans l’attente de clarifications supplémentaires.
Interrogées par le média Blick, Novartis et Roche ont refusé de commenter la question de l’impact des taxes douanières sur leurs projets américains, mais les analystes estiment qu’il est peu probable que les deux géants soient sérieusement affectés. Selon eux, les investissements massifs des deux entreprises aux États-Unis devraient leur permettre de bénéficier de l’exemption, ce qui les mettrait à l’abri des effets de la taxe, ou du moins en minimiserait l’impact.
Cependant, toutes les entreprises pharmaceutiques suisses ne bénéficient pas de la même situation. Par exemple, la société Galderma, spécialisée dans les soins dermatologiques, pourrait être davantage affectée. Ses produits, comme les neuromodulateurs et le médicament Nemluvio, sont en partie fabriqués en dehors des États-Unis, et la question de savoir si elle pourra échapper à la taxe reste incertaine. La situation de Galderma, ainsi que d’autres entreprises moins exposées aux projets de production aux États-Unis, demeure plus complexe.








