La Suisse conserve sa place de leader mondial en innovation, selon l’Indice mondial de l’innovation (IMI) 2025, publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) ce mardi. Depuis plus de dix ans, le pays domine ce classement, devant des nations comme la Suède et les États-Unis, deux autres acteurs majeurs de l’innovation mondiale.
Cependant, ce classement met aussi en lumière des défis importants, notamment un ralentissement des investissements dans la recherche et le développement. L’OMPI insiste sur l’importance cruciale de soutenir et nourrir les écosystèmes d’innovation à travers le monde pour maintenir cette dynamique.
La Suisse, un modèle d’écosystème d’innovation robuste
Le maintien de la Suisse à la première place du classement mondial de l’innovation ne relève pas du hasard. L’Indice mondial de l’innovation 2025 confirme une nouvelle fois l’excellence du pays dans plusieurs domaines essentiels à l’innovation. Cela inclut des infrastructures de recherche de haute qualité, des investissements publics et privés soutenus, ainsi qu’un environnement institutionnel qui favorise la créativité et l’entrepreneuriat.
Les institutions académiques et de recherche suisses jouent un rôle crucial dans cette réussite. Des établissements comme l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich) et l’Université de Genève sont reconnus à l’échelle mondiale pour leur excellence scientifique. Ces centres de recherche attirent des talents du monde entier et permettent à la Suisse de rester en tête en matière de technologies de pointe. Le pays consacre environ 3,4% de son PIB à la recherche et au développement, bien au-dessus de la moyenne mondiale. Un tel niveau d’investissement est indispensable pour soutenir l’innovation continue.
En plus des institutions académiques, le secteur privé suisse contribue largement à cette dynamique. Des entreprises telles que Novartis, Roche et Logitech investissent massivement dans la recherche et dans l’acquisition de nouvelles technologies. Ces entreprises, tout en restant des leaders dans leurs domaines respectifs, sont également des moteurs de la transformation numérique et de l’innovation technologique. Grâce à un environnement fiscal favorable et une politique de soutien aux entreprises innovantes, la Suisse continue d’attirer des startups et des entreprises technologiques de pointe, ce qui renforce encore son écosystème.
Les défis actuels : ralentissement des investissements et nécessité de soutenir l’innovation
Malgré ses succès, la Suisse, comme de nombreux autres pays, est confrontée à des défis dans le domaine de l’innovation. Le rapport de l’OMPI met en évidence un ralentissement des investissements dans la recherche et développement, en particulier en raison de l’inflation et des turbulences économiques mondiales. En 2025, la croissance dans le domaine de la recherche a chuté à 2,9%, son niveau le plus bas en 15 ans, un signe inquiétant pour l’avenir de l’innovation. De plus, les dépenses réelles des entreprises dans ce secteur n’ont augmenté que de 1%, ce qui pourrait freiner le progrès dans certains domaines cruciaux.
Cependant, certaines entreprises, en particulier celles engagées dans les nouvelles technologies, continuent d’augmenter leurs investissements. Les secteurs liés à la transition énergétique, à l’intelligence artificielle et aux biotechnologies bénéficient encore de financements importants. Ces domaines représentent un fort potentiel d’innovation pour la Suisse et sont essentiels pour l’avenir économique du pays.
Le directeur général de l’OMPI, Daren Tang, souligne que même si des progrès ont été réalisés, des défis subsistent. Il appelle à renforcer et à soutenir les écosystèmes d’innovation, notamment à travers des investissements dans l’infrastructure de recherche, la protection de la propriété intellectuelle et l’amélioration de l’accès aux technologies de pointe. La Chine, qui fait désormais son entrée dans le top 10 de l’IMI, est un exemple de pays qui investit massivement pour rattraper son retard, un développement qui pourrait constituer une pression supplémentaire pour les autres nations innovantes.








