Le franc suisse, traditionnellement perçu comme une valeur refuge, fait face à un dilemme économique majeur. Sa récente appréciation par rapport au dollar américain pourrait poser des difficultés pour l’économie suisse, bien que certains bénéfices se fassent sentir pour les consommateurs.
Selon une étude d’UBS, cette dynamique pourrait nuire à la compétitivité des exportations suisses, un secteur clé pour l’économie du pays. De plus, l’impact des droits de douane américains, appliqués depuis le 1er août 2025, renforce la pression sur les entreprises exportatrices. Alors que la croissance économique reste positive, les experts prévoient un ralentissement des activités économiques, ce qui soulève des questions sur les perspectives à moyen terme.
L’impact de l’appréciation du franc sur la compétitivité des exportations suisses
Depuis le début de l’année 2025, le franc suisse s’est apprécié de plus de 10 % face au dollar américain, un phénomène qui résulte en partie de la dépréciation du dollar due aux droits de douane imposés par les États-Unis. Ce renforcement du franc est un atout pour les consommateurs suisses, car il permet de réduire les prix à la consommation et les coûts d’emprunt. Cependant, cette situation s’avère problématique pour les exportateurs, qui voient leurs produits devenir plus chers sur les marchés internationaux.
Le statut de « valeur refuge » du franc suisse a pour conséquence d’attirer davantage d’investisseurs en quête de sécurité, mais cela conduit également à une valorisation accrue de la monnaie nationale. En conséquence, les entreprises suisses qui dépendent des exportations risquent de se retrouver face à une baisse de la demande, particulièrement sur les marchés européens et américains. Ce phénomène est particulièrement préoccupant pour les secteurs comme l’industrie pharmaceutique, l’horlogerie et la haute technologie, qui sont des moteurs essentiels pour l’économie du pays.
Les experts d’UBS soulignent que si cette tendance persiste, les exportations pourraient se contracter, mettant à mal la performance économique de la Suisse, rapporte Blick. Une augmentation des prix des biens suisses rendra ces derniers moins compétitifs, tandis que la demande pourrait s’effriter, affectant ainsi les bénéfices des entreprises. De plus, bien que l’appréciation du franc offre certains avantages pour les consommateurs, elle crée une pression supplémentaire sur les secteurs exportateurs, dont la rentabilité pourrait se réduire.
Les conséquences des droits de douane américains sur l’économie suisse
En parallèle à la montée du franc, les droits de douane américains imposés depuis août 2025 viennent alourdir le fardeau pour les exportateurs suisses. Ces droits affectent particulièrement les secteurs qui exportent massivement vers les États-Unis, comme l’industrie pharmaceutique, les produits de luxe et la haute technologie. La dépréciation du dollar, conséquence directe des droits de douane, renforce l’attrait du franc suisse. Maxime Botteron, économiste à UBS Global Wealth Management, a estimé que si la confiance dans le dollar continue de s’éroder, le franc suisse pourrait encore se renforcer, exacerbant ainsi la pression sur les entreprises suisses.
Les droits de douane américains ont déjà commencé à avoir un effet tangible, augmentant le coût des produits suisses sur le marché américain. Cela a conduit certaines entreprises à revoir leurs stratégies de prix ou à chercher de nouveaux marchés pour compenser la baisse de la demande en provenance des États-Unis. Le phénomène pourrait également affecter la croissance globale du PIB suisse. UBS prévoit que si les droits de douane restent au niveau actuel, la croissance économique pour 2025 pourrait être inférieure de 0,4 % par rapport aux prévisions initiales. Bien que la récession ne soit pas attendue, le ralentissement de la croissance sera certainement perceptible, particulièrement dans les secteurs les plus exposés à l’international.
Le marché du travail pourrait également en souffrir, car les pressions sur les exportations risquent d’entraîner un ralentissement de l’activité industrielle et des licenciements dans certains secteurs. Le taux de chômage devrait augmenter légèrement, passant de 3,0 % en 2025 à 3,2 % en 2026, selon les prévisions d’UBS. Cette évolution, bien que modérée, pourrait avoir des répercussions sociales et économiques dans plusieurs régions de la Suisse.








