Droits de douane américains : les marchés publics pourraient privilégier les entreprises suisses pour préserver les emplois locaux

Unia propose de soutenir les entreprises suisses dans les appels d’offres publics afin de renforcer l’économie locale tout en garantissant des emplois durables.

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Droits de douane américains : les marchés publics pourraient privilégier les entreprises suisses pour préserver les emplois locaux : Crédit : Peter Schneider/Keystone | Econostrum.info - Suisse

Face à une concurrence internationale accrue, le syndicat Unia a proposé une approche visant à protéger les entreprises suisses en période de crise économique. Sous l’impulsion de sa présidente, Vania Alleva, Unia recommande que les entreprises suisses soient favorisées lors des appels d’offres publics, afin de contrer les effets des droits de douane imposés par les États-Unis. 

Cette proposition survient dans un contexte où la compétitivité des entreprises locales est mise à mal par des mesures tarifaires internationales. Le but de cette initiative est de soutenir la création de valeur en Suisse tout en garantissant des emplois durables et des salaires équitables.

Une réponse aux défis économiques : soutenir l’industrie locale

Dans le cadre de son plaidoyer, Unia souligne l’impact négatif des droits de douane américains, qui affectent particulièrement certaines industries suisses, notamment l’horlogerie et la fabrication de matériel roulant. Vania Alleva insiste sur l’importance de réagir de manière stratégique pour limiter les effets négatifs de ces politiques extérieures. Selon elle, bien que certaines entreprises exportatrices soient directement touchées, l’immense majorité des emplois en Suisse ne le sont pas, ce qui permettrait d’envisager des augmentations salariales dans le secteur manufacturier sans compromettre la compétitivité générale de l’économie, relate Blick.

L’exemple des Chemins de fer fédéraux suisses (CFF), qui ont lancé un appel d’offres de 4 milliards de francs pour la fourniture de nouveaux trains, illustre la proposition de l’organisation syndicale. Unia plaide pour que ces contrats bénéficient à des entreprises locales, comme Stadler Rail, afin de garantir non seulement la création d’emplois mais aussi le maintien de la valeur ajoutée en Suisse. En appliquant des critères sociaux, environnementaux et stratégiques dans l’attribution des contrats, comme la garantie d’une production réalisée sur le sol suisse ou le respect des conventions collectives, Unia espère renforcer l’économie locale tout en soutenant un développement durable.

L’impact des marchés publics sur la compétitivité des entreprises suisses

Le marché public représente une part importante du produit intérieur brut (PIB) suisse, estimée à environ 10%. Cette réalité confère à l’État un levier considérable dans l’orientation de l’économie nationale. Selon Unia, il est crucial d’exploiter ce potentiel pour soutenir les entreprises suisses, notamment dans des secteurs stratégiques comme les transports publics et le matériel roulant. Actuellement, la Suisse compte deux grands fabricants dans ce domaine, Stadler et Alstom, qui emploient des milliers de personnes à travers le pays, sans compter les 170 entreprises de sous-traitance.

En période de crise, le secteur public pourrait jouer un rôle clé en garantissant des contrats aux entreprises locales, créant ainsi un cercle vertueux qui bénéficie à l’ensemble de l’économie nationale. Unia va encore plus loin en proposant une sorte de « Buy Switzerland Act », inspiré des pratiques observées dans le secteur de la défense, où il est déjà exigé que 60% des achats soient effectués en Suisse. L’objectif n’est pas de protéger la Suisse par l’isolement, mais de renforcer la création de valeur locale et de favoriser une économie socialement et écologiquement responsable. Cela permettrait à la Suisse de réagir de manière adaptée à un environnement économique global de plus en plus complexe.

Le rôle des conditions de travail dans la compétitivité

Unia fait également valoir que les augmentations salariales proposées sont nécessaires pour maintenir un pouvoir d’achat décent pour les travailleurs suisses. En effet, les salaires stagnent depuis plusieurs années, et la hausse des prix des biens de consommation justifie de telles augmentations. Bien que cela puisse sembler contradictoire avec la compétitivité des entreprises, Unia soutient que l’amélioration des conditions de travail et des salaires ne nuit pas nécessairement à la productivité. Au contraire, en réduisant les horaires de travail excessifs et en offrant des conditions de travail équilibrées, l’innovation et la formation continue, plutôt que l’augmentation des heures de travail, sont des facteurs essentiels pour augmenter la productivité à long terme.

Unia se montre également critique à l’égard des appels à une semaine de travail de 45 heures, soulignant que de telles mesures nuiraient à la santé des travailleurs, entraîneraient un stress accru et affecteraient l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Au lieu de cela, le syndicat prône une réduction du temps de travail pour favoriser une productivité plus soutenable et plus durable.

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