La Banque nationale suisse (BNS) gère le plus grand stock d’argent liquide du pays depuis les sous-sols de ses sièges à Berne et Zurich. Derrière des murs épais et sous haute sécurité, des centaines de millions de billets et de pièces y transitent chaque année. Malgré le recul du cash dans les usages quotidiens, la logistique monétaire reste au cœur des priorités de la BNS.
La Suisse continue d’investir dans la gestion physique de sa monnaie. Tandis que les paiements numériques gagnent du terrain, la BNS veille à la circulation, à l’état et à la disponibilité permanente des espèces. Cette mission implique un réseau complexe de stockage, de tri et de destruction de billets.
L’institution maintient une réserve de numéraire suffisante pour répondre à toute hausse soudaine de la demande.
Une réserve secrète pour garantir l’approvisionnement
La BNS entrepose ses stocks de billets et pièces dans des zones souterraines sécurisées situées à Berne et Zurich. Ces installations, modernisées entre 2015 et 2019, ne sont accessibles qu’à un nombre restreint de personnes. La quantité exacte d’argent stockée n’est pas rendue publique. L’institution indique seulement que ces réserves permettent de faire face à une hausse rapide de la demande ou à des délais dans la production de nouveaux billets.
En 2024, 238 millions de billets et 131 millions de pièces ont été reçus par la BNS. La même année, 244 millions de billets et 166 millions de pièces ont été remis en circulation, rapporte Blick. Ce volume illustre l’ampleur des flux physiques que l’institution doit gérer au quotidien, même si une part croissante des transactions passe désormais par des canaux numériques.
Une sélection rigoureuse et automatisée des billets
Tous les billets ne sont pas destinés à rester en circulation. Lorsque les banques restituent des espèces abîmées ou excédentaires, la BNS trie les billets à l’aide de machines capables de détecter leur état et leur authenticité. Ce traitement comprend l’identification de la fausse monnaie, bien que ce phénomène reste marginal en Suisse : en 2024, seulement 2569 faux billets ont été repérés.
Les coupures jugées trop abîmées – fissures, tâches, gribouillis – sont automatiquement retirées. Les billets de 10, 20 et 50 francs, les plus utilisés, ont une durée de vie comprise entre trois et six ans. D’après le rapport relayé par le médiahelvétique, 30 millions de billets ont été détruits l’an dernier, puis compressés et incinérés. À ce jour, aucune méthode de recyclage alternative ne s’est révélée plus durable selon la BNS, bien que des évaluations soient en cours.
Une stratégie de long terme pour le maintien du cash
Malgré les transformations en cours dans le secteur bancaire, la BNS continue d’assurer une large diffusion des espèces. En 2024, elle a mis en circulation plus de 41 millions de billets neufs, portant le total de billets en circulation à plus de 500 millions. Ce chiffre équivaut à une moyenne de plus de 50 billets par habitant en Suisse.
En parallèle, l’institution prépare déjà la dixième série de billets, dont la mise en circulation est prévue à partir de 2031. Martin Schlegel, président suppléant de la BNS, a qualifié les billets de « carte de visite » de l’institution lors d’une conférence en octobre 2024.








