Ce projet stratégique s’inscrit dans un contexte de tension commerciale entre les États-Unis et l’industrie pharmaceutique étrangère, marquée par la menace de lourds droits de douane.
Ce nouveau site, qui doit entrer en service d’ici 2029, produira des traitements contre les maladies métaboliques, dont des médicaments anti-obésité, un domaine prioritaire pour Roche depuis plusieurs années. L’annonce s’inscrit dans une série d’initiatives industrielles visant à répondre aux exigences du marché américain tout en protégeant les intérêts économiques helvétiques.
La décision intervient à un moment où le président américain Donald Trump agite la menace de droits de douane pouvant atteindre 250 % sur certains produits pharmaceutiques importés. Dans ce contexte, la réponse de Roche semble avoir une portée à la fois économique et diplomatique.
Une implantation stratégique sur le sol américain
Roche prévoit de créer plus de 1900 emplois dans son nouveau centre de production basé en Caroline du Nord. Cette installation industrielle, prévue pour 2029, aura pour mission de produire des médicaments à destination du marché international. Comme l’a précisé l’entreprise dans une communication relayée par Watson, la production ne sera pas exclusivement destinée aux États-Unis.
L’investissement vise à consolider la présence de Roche sur un territoire devenu prioritaire, tant pour des raisons commerciales que politiques. Il s’inscrit dans un plan plus large d’expansion aux États-Unis, annoncé en avril, prévoyant jusqu’à 50 milliards de dollars d’investissements sur plusieurs années.
Ce positionnement répond également à la volonté de s’adapter aux attentes de l’administration américaine et à renforcer la compétitivité face aux politiques protectionnistes en discussion.
Une réponse directe aux tensions commerciales
Le projet industriel intervient dans un contexte de pressions accrues exercées par Donald Trump sur l’industrie pharmaceutique. D’après le média helvétique, le président américain a récemment menacé d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 250 %, suscitant l’inquiétude chez plusieurs groupes suisses. L’objectif de Roche est ainsi de se positionner comme un acteur favorable à la production locale, en réponse aux exigences de l’administration américaine.
Cette stratégie vise aussi à éviter que l’industrie pharmaceutique ne soit incluse dans les prochaines vagues de taxation. Actuellement, seuls 10 % des exportations suisses sont concernées par les nouvelles taxes américaines, mais la situation reste incertaine.
Swissmem, l’association suisse des entreprises technologiques, a alerté sur le fait que ces mesures pourraient entraîner la perte de dizaines de milliers d’emplois si elles devaient se généraliser.
Une coordination étroite avec les autorités helvétiques
Dans les semaines précédant l’annonce, le président de Roche, Severin Schwan, s’est rendu à Washington accompagné de représentants du Conseil fédéral et d’acteurs économiques suisses de premier plan. Cette visite avait pour objectif de préparer le terrain et de dialoguer avec les autorités américaines à propos des enjeux commerciaux à venir.
Parallèlement, Novartis, autre géant bâlois de la pharmacie, a annoncé son intention d’investir 23 milliards de dollars aux États-Unis sur cinq ans et de construire sept nouvelles usines. Ces décisions concertées témoignent d’un effort commun des entreprises suisses pour sécuriser leur accès au marché américain, comme le rapporte également Watson.








