Les dernières décisions de Donald Trump en matière de commerce international agitent les grandes banques centrales, y compris en Suisse. Tandis que la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne réévaluent leur politique monétaire, la Banque nationale suisse (BNS) se retrouve à son tour poussée à envisager des ajustements, dont une éventuelle baisse de ses taux directeurs.
La situation préoccupe les milieux économiques helvétiques. L’introduction soudaine de droits de douane de 39 % début août a fait redouter un affaiblissement rapide de l’économie suisse. Si un accord est en cours de négociation pour les réduire à 15 %, les incertitudes autour des décisions de l’administration Trump entretiennent une instabilité persistante.
Un climat d’incertitude alimenté par Washington
Le président américain Donald Trump, à travers ses annonces de droits de douane punitifs, provoque une instabilité qui touche l’ensemble des grandes économies. Blick rapporte que cette dynamique menace de graves turbulences économiques mondiales, avec une possible spirale baissière des taux d’intérêt. En Suisse, les répercussions potentielles incluent un retour en territoire négatif des taux directeurs.
Le caractère imprévisible de la politique commerciale américaine rend toute anticipation difficile. Le journal rappelle que les mesures envisagées par Trump ne relèvent pas nécessairement d’une logique économique mais dépendent plutôt de ses humeurs. Cette imprévisibilité place les autorités monétaires dans une posture attentiste, mais sous tension.
Les conséquences se font déjà sentir sur certains secteurs économiques. Si l’industrie pharmaceutique, premier moteur des exportations suisses, reste pour l’instant épargnée, l’industrie des machines connaît une exposition inégale selon les entreprises. Cette hétérogénéité rend la réponse économique plus complexe à calibrer.
La BNS face à l’hypothèse d’un retour des taux négatifs
L’éventualité d’une baisse des taux dès septembre a été évoquée par plusieurs économistes au début du mois d’août. La crainte d’une récession a nourri les spéculations sur une intervention rapide de la BNS. Le média helvétique mentionne que cette pression s’est quelque peu atténuée depuis, notamment grâce aux efforts diplomatiques visant à atténuer les surtaxes américaines.
La solidité de la conjoncture intérieure suisse constitue un facteur de stabilisation. Pour Reto Huenerwadel, responsable des placements à la Banque hypothécaire de Lenzbourg, il semble prématuré de parier sur une baisse imminente des taux. Il considère décembre comme une échéance plus plausible, moment où la BNS pourrait agir plus résolument pour soutenir l’économie nationale.
Karsten Junius, économiste en chef de J. Safra Sarasin, va dans le même sens. Il estime qu’une baisse de taux n’interviendra qu’en cas de dégradation marquée de l’économie, et qu’elle devra alors être nette, avec une réduction immédiate d’un demi-point de pourcentage.
Une division des experts sur la stratégie monétaire à suivre
Malgré les signaux d’alerte, tous les experts ne partagent pas l’idée d’une intervention prochaine de la BNS. Les économistes d’UBS anticipent un statu quo, estimant que les taux resteront à 0 % dans les trimestres à venir. Même prudence du côté de Brian Mandt, chef économiste de la Banque cantonale de Lucerne, qui considère qu’aucune raison valable ne justifie aujourd’hui une baisse.
Adriel Jost, critique de la baisse de juin dernier, insiste sur le fait que la BNS elle-même a souligné qu’un faible renchérissement ne devrait pas automatiquement entraîner une réduction des taux. Selon lui, seule une dégradation économique nette, avec un recul marqué de la croissance, pourrait justifier un tel choix, ce que ne prévoient pas les dernières projections du Secrétariat d’État à l’économie.








