La croissance économique suisse a nettement ralenti au deuxième trimestre 2025, marquant une inflexion par rapport à la dynamique positive du premier trimestre. Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de seulement 0,1 % entre avril et juin, après une hausse de 0,7 % enregistrée entre janvier et mars.
Ce ralentissement est le résultat de plusieurs facteurs, dont un recul notable dans l’industrie et les exportations, bien que le secteur des services ait observé une croissance plus ou moins généralisée. Ce scénario conjoncturel, tel que présenté par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), met en lumière les défis à venir pour l’économie suisse, notamment en 2026, avec un impact de plus en plus marqué des tensions commerciales mondiales, notamment la hausse des droits de douane imposés par les États-Unis.
Un secteur industriel en détresse : l’impact des exportations et de la conjoncture internationale
Au deuxième trimestre 2025, le secteur industriel suisse a souffert d’un recul significatif, avec une baisse de la valeur ajoutée dans l’industrie manufacturière de 2,4 %. Cette chute est en grande partie imputable au secteur chimique et pharmaceutique, qui a connu une diminution de 4,8 % de sa valeur ajoutée, principalement en raison de la baisse des exportations. Ce secteur, qui représente une part importante des exportations suisses, a été particulièrement affecté par l’évolution des politiques commerciales internationales, notamment celles des États-Unis.
L’industrie a enregistré une baisse générale des exportations de 2,7 % par rapport au trimestre précédent, a indiqué jeudi le Secrétariat d’État à l’économie (SECO). Ce recul est d’autant plus préoccupant qu’il intervient après un premier trimestre exceptionnel, marqué par des anticipations liées à des ajustements dans les politiques douanières américaines. Les importations, elles aussi, ont chuté de 3,7 %, ce qui indique une contraction générale du commerce extérieur. Ce déclin des exportations et des importations fait écho à une dynamique plus large de ralentissement économique, soulignant l’impact direct des décisions commerciales internationales sur l’économie suisse.
Les perspectives pour le secteur industriel demeurent incertaines. Les experts du SECO soulignent que la Suisse pourrait voir une croissance plus faible que prévue en raison de la persistance de ces tensions internationales, qui affectent la compétitivité des entreprises suisses à l’échelle mondiale. Le secteur industriel, notamment dans ses segments les plus exposés à l’exportation, pourrait ainsi rencontrer des difficultés pour retrouver une dynamique de croissance stable.
Les services : un secteur en croissance mais fragile face aux défis
En dépit de la faiblesse de l’industrie, le secteur des services a enregistré une croissance modeste mais plus ou moins généralisée. La consommation privée a progressé de 0,3 %, soutenue par des dépenses accrues dans certains domaines comme la santé, l’hôtellerie-restauration et les transports. En particulier, les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration ont enregistré une forte hausse de 1,5 %, indiquant un regain d’activité dans ces domaines. De même, les services aux entreprises ont vu une croissance de 0,5 %, et le commerce a affiché une belle performance avec une hausse de 1,9 %.
Les services financiers ont cependant connu une légère contraction de leur valeur ajoutée (−0,2 %), en grande partie en raison d’une baisse des opérations de commissions. Cependant, l’augmentation de la consommation publique, qui a progressé de 0,9 %, a joué un rôle important dans la stabilisation de certains secteurs de services, notamment les services administratifs et publics (+1,2 %).
Toutefois, ce dynamisme dans les services ne saurait cacher les fragilités de certains segments, comme le secteur de la construction, qui a connu un léger fléchissement de 0,1 % en termes d’investissements, malgré un environnement favorable pour d’autres secteurs d’activité. Les investissements en biens d’équipement ont également reculé de 0,8 %, ce qui suggère une instabilité sous-jacente dans l’ensemble du secteur privé.
Perspectives et défis à venir : un ralentissement modéré mais inquiétant
Les prévisions du SECO pour les mois à venir sont moins optimistes qu’auparavant. Le groupe d’experts de la Confédération table désormais sur une croissance de seulement 1,3 % pour 2025, suivie d’une légère progression de 1,2 % en 2026. Ce ralentissement est principalement dû à l’augmentation des droits de douane américains sur les produits suisses, ce qui pourrait avoir un effet déstabilisateur sur les industries exportatrices. L’impact de ces mesures douanières, couplé à un environnement économique international difficile, pourrait entraîner un déclin plus marqué de certaines branches économiques.
Les experts soulignent que bien qu’une récession grave ne soit pas à craindre à court terme, la situation actuelle pourrait poser des défis importants à certains secteurs. Les entreprises exposées aux marchés internationaux devront probablement faire face à des pressions économiques croissantes. Dans ce contexte, la Suisse devra s’adapter rapidement pour maintenir la compétitivité de son économie et minimiser les effets négatifs de cette évolution.








