Les États-Unis ont étendu le champ d’application de leurs droits de douane sur les importations de métaux, en ciblant désormais plus de 400 nouveaux produits. Cette mesure s’inscrit dans la volonté affichée de Washington de protéger son industrie nationale contre les importations jugées déloyales ou détournées.
La décision a été officialisée par le département américain du Commerce, qui a précisé que les nouveaux tarifs sont effectifs depuis le 19 août. Ce durcissement marque un nouveau palier dans la politique commerciale offensive menée par l’administration Trump depuis son retour au pouvoir.
Une extension sans précédent des droits de douane
Le Bureau pour l’industrie et la sécurité (BIS), organisme dépendant du département du Commerce américain, a publié dans communiqué ce mardi, une liste de plus de 400 produits désormais soumis aux droits de douane renforcés sur l’acier et l’aluminium. Cette mesure porte les surtaxes jusqu’à 50 %, un seuil appliqué à tous les produits concernés depuis la publication de l’annonce dans le registre fédéral américain, l’équivalent du Journal officiel. Les articles visés couvrent une gamme très large : sièges auto pour enfants, bulldozers, wagons de chemin de fer, mobilier domestique, équipements industriels lourds, compresseurs ou encore pompes.
Selon le sous-secrétaire en charge de l’industrie et de la sécurité, Jeffrey Kessler, l’objectif est clair : « limiter les possibilités de contourner les droits de douane existants ». En pratique, les autorités américaines souhaitent éviter que certains produits échappent aux taxes actuelles en étant légèrement modifiés ou classés sous d’autres codes douaniers.
Ce durcissement s’inscrit dans une stratégie plus globale de taxation mise en œuvre depuis l’investiture de Donald Trump en janvier 2025. Le taux moyen des droits de douane appliqués par les États-Unis s’élève désormais à 20,1 %, selon des données croisées de l’OMC et du FMI. Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis les années 1910, exception faite de quelques semaines en 2025. En comparaison, ce taux était de seulement 2,4 % au début de l’année présidentielle.
Une stratégie commerciale offensive au cœur du programme trumpiste
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a réactivé et intensifié sa politique commerciale protectionniste, amorcée lors de son premier mandat. Les surtaxes sur les importations sont utilisées comme levier politique et économique, que ce soit pour défendre les intérêts des industries nationales ou pour exercer des pressions sur certains partenaires étrangers. Les secteurs concernés sont nombreux : outre l’acier et l’aluminium, les États-Unis ont aussi ciblé le cuivre, les produits automobiles, et évoquent désormais des surtaxes possibles sur les produits pharmaceutiques ou les semiconducteurs.
L’approche unilatérale adoptée par Washington suscite des inquiétudes dans plusieurs pays exportateurs. Pour les entreprises suisses, dont certaines sont actives dans les secteurs de l’équipement industriel, de la construction ou de la chimie, ces nouvelles mesures peuvent représenter un obstacle commercial direct. La Suisse pourrait réagir, seule ou par le biais de l’OMC, en contestant les hausses tarifaires si celles-ci apparaissent discriminatoires ou incompatibles avec les règles du commerce international.
À ce stade, aucune réponse officielle de la Confédération n’a été formulée. Mais plusieurs voix s’élèvent pour souligner les risques de répercussions indirectes sur l’économie helvétique, notamment en raison de l’exposition de ses chaînes de valeur à l’industrie allemande ou américaine. L’intensification des barrières tarifaires pourrait accentuer les tensions commerciales, déjà exacerbées par d’autres mesures prises sur les marchés de l’énergie ou de la technologie.
L’administration américaine laisse entendre que d’autres annonces pourraient suivre. La rhétorique protectionniste de Donald Trump reste centrale dans son discours économique, où il lie relance industrielle et défense nationale. En conséquence, les acteurs économiques européens et asiatiques suivent de près les évolutions tarifaires américaines, dans un climat d’incertitude croissante.








