À l’heure où la rentrée scolaire a eu lieu dans une grande partie de la Suisse romande, notamment dans le canton de Vaud, les enseignants font leur retour en classe après des vacances bien méritées. Cependant, derrière cette reprise se cache une réalité moins joyeuse pour les professeurs du primaire de la région : leur salaire est bien inférieur à celui de leurs collègues alémaniques.
Cette situation met en lumière un phénomène de disparité salariale qui mérite d’être analysé, tant au niveau de l’impact sur la profession que sur les enjeux éducatifs pour l’avenir de la Suisse. Alors que l’enseignement joue un rôle clé dans le développement de la société, ces inégalités risquent de fragiliser l’attractivité de la profession et la qualité de l’éducation.
Une situation contrastée : les salaires des enseignants suisses
L’étude menée par la Conférence des directeurs de l’instruction publique et les départements cantonaux de l’éducation, relayée par le média « Blick », révèle un écart significatif de salaires entre les cantons suisses. À la tête du classement des salaires, on retrouve le canton de Zurich, où les enseignants du primaire bénéficient des rémunérations les plus attractives.
Dès le début de leur carrière, ces enseignants perçoivent un salaire annuel de 98’915 francs, pouvant atteindre un maximum de 152’569 francs pour ceux qui arrivent à la fin de leur parcours professionnel. En comparaison, les enseignants des autres cantons alémaniques, tels que Bâle-Ville et Genève, suivent de près, avec des salaires maximaux respectifs de 137’491 francs et 135’713 francs.
À Genève, les enseignants commencent leur carrière avec un salaire particulièrement élevé de 100’377 francs, un chiffre qui inclut également le 13e salaire. Cette rémunération se distingue nettement des salaires des enseignants romands dans d’autres cantons, qui peinent à rivaliser avec ces chiffres.
En revanche, la situation est tout autre pour les enseignants des cantons romands. Si certains cantons comme Fribourg, Vaud, Valais et le Jura se situent dans la moyenne inférieure, avec des salaires allant de 80’000 à 121’000 francs en fin de carrière, d’autres se distinguent par des rémunérations particulièrement faibles. Le canton de Neuchâtel occupe la place de mauvais élève, avec un salaire de départ de seulement 77’068 francs. C’est également dans ce canton que l’écart salarial est le plus marqué, avec un plafond de 111’749 francs, le plus bas de toute la Suisse. À titre de comparaison, les cantons d’Obwald et Nidwald, également situés en Suisse centrale, n’offrent qu’un salaire légèrement supérieur, avec un maximum de 114’000 francs.
Une conséquence directe sur la profession enseignante
Ces disparités salariales ne se limitent pas uniquement à des questions de revenu. Elles ont des répercussions profondes sur la profession enseignante, en particulier en Suisse romande, où les salaires plus bas peuvent nuire à l’attractivité du métier. La question du pouvoir d’achat et des conditions de vie des enseignants dans ces régions devient un sujet crucial, surtout dans des cantons où le coût de la vie est relativement élevé, comme à Genève ou Vaud. Les enseignants romands, en particulier ceux du canton de Neuchâtel, voient leur situation financière mise à rude épreuve par des salaires bien en deçà de ceux de leurs homologues alémaniques.
Cela pose également la question de la pénurie d’enseignants dans certaines régions. Si la rémunération des enseignants n’évolue pas de manière significative dans les cantons romands, cette situation pourrait à terme entraîner une crise de recrutement. La Suisse, déjà confrontée à un déficit d’enseignants dans certaines disciplines et régions, risque de se retrouver face à une pression accrue pour attirer et maintenir des professionnels qualifiés. L’attrait de la profession pourrait également être affecté par cette inégalité salariale, décourageant les jeunes talents de se tourner vers l’enseignement dans ces régions.
La situation des enseignants du primaire en Suisse romande soulève ainsi des enjeux majeurs pour l’avenir du système éducatif suisse. Si les autorités suisses souhaitent garantir une éducation de qualité et maintenir un corps enseignant compétent, elles devront impérativement prendre des mesures pour corriger ces disparités salariales.








