La Suisse romande entre dans une phase de chaleur intense, avec des températures largement au-dessus des normales de saison. Dès ce week-end, les valeurs maximales pourraient atteindre 37 °C à Genève et 36 °C à Sion, selon les dernières prévisions de MeteoNews.
L’épisode est qualifié de « majeur » par les météorologues, en raison de sa durée et de son intensité. Une tempête tropicale, actuellement en déplacement au large de l’Atlantique, pourrait même en prolonger les effets jusqu’à la fin de la semaine prochaine.
Des températures extrêmes dès vendredi et jusqu’en milieu de semaine
La hausse des températures a commencé ce vendredi 9 août, avec des pointes attendues à 34 °C dans le bassin lémanique et 32 à 33 °C dans les autres régions romandes comme Neuchâtel, Fribourg ou le Jura. Le pic de chaleur devrait être atteint ce samedi 10 août, où Genève pourrait enregistrer jusqu’à 37 °C, et Sion 36 °C, selon MeteoNews. MétéoSuisse parle déjà d’une canicule marquée, en raison de températures élevées combinées à des nuits qui ne redescendent pas sous les 20 °C, notamment dans les cantons du Rhône.
« On parle clairement d’un épisode majeur de fortes chaleurs », confirme Nicolas Borgognon, météorologue pour MeteoNews. « Les maximales vogueront entre 34 °C et 36 °C dans les régions les plus exposées, et ce probablement jusqu’en milieu de semaine prochaine », relate Blick. Les températures nocturnes seront particulièrement surveillées, car elles conditionnent la récupération thermique. À Lausanne ou Genève, les valeurs minimales pourraient rester autour de 22 °C, y compris en fin de nuit.
Les conditions resteront stables tout au long du week-end, sans vents significatifs ni orages. Les météorologues évoquent même un temps calme, idéal pour des sorties en altitude, mais déconseillé en plaine pendant les heures chaudes. En montagne, les températures resteront également élevées, avec 25 à 28 °C vers 1000 mètres d’altitude, ce qui limite les possibilités de fraîcheur.
La tempête Dexter pourrait prolonger la chaleur sur plusieurs jours
Si l’actuel dôme de chaleur est déjà bien installé sur la Suisse romande, un phénomène tropical situé au large de l’Atlantique pourrait venir en prolonger les effets. Il s’agit de la tempête Dexter, en progression lente vers l’Europe. Selon MeteoNews, cette dépression tropicale devrait brièvement atteindre le statut de cyclone, avant de se transformer en tempête post-tropicale à l’approche des Îles Britanniques, entre lundi et mardi.
Son influence sur la Suisse ne se fera pas par des vents violents ou des précipitations, mais par un effet indirect. En se rapprochant de l’Europe, Dexter pourrait engendrer une ascension d’air chaud actuellement stationné sur le Maghreb et l’Espagne, renforçant ainsi le dôme de chaleur déjà en place. Ce soulèvement pourrait repousser le rafraîchissement attendu de plusieurs jours. « L’une des hypothèses est la formation d’un talweg dépressionnaire à l’ouest de l’Europe, qui renforcerait le flux de sud vers nos régions », explique le prévisionniste.
Résultat : des températures supérieures à 33 °C pourraient se maintenir jusqu’à mercredi ou jeudi, voire au-delà dans les zones les plus exposées. Les risques orageux, qui marquent souvent la fin de ces épisodes caniculaires, ne sont pour l’instant pas attendus avant vendredi 16 août au plus tôt, et restent à confirmer selon l’évolution de la situation.
Météo-France, de son côté, a placé cinq départements français en vigilance orange canicule à partir de ce vendredi, signe que la vague de chaleur s’étend sur l’ensemble du bassin rhodanien. En Suisse, une alerte de niveau 3 sur 4 a été émise par MétéoSuisse, valable pour le Valais, Genève et Vaud. Ce niveau d’alerte signifie un danger marqué, nécessitant des mesures de précaution pour l’ensemble de la population, en particulier les personnes sensibles.
Pour les jours suivants, l’incertitude demeure. Tout dépendra du comportement de la tempête Dexter et de son interaction avec le système météo européen. Mais une chose est sûre : la Suisse romande restera sous l’effet de températures élevées pendant au moins cinq à six jours consécutifs, avec des conditions qui rappellent les grandes canicules de 2015 ou 2003, sans toutefois atteindre les mêmes extrêmes.








