Plus de 30% des Suisses sont prêts à renoncer à l’assurance maladie obligatoire

La hausse des primes et les disparités régionales nourrissent une contestation sans précédent qui fragilise le modèle actuel d’assurance-maladie.

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Plus de 30% des Suisses sont prêts à renoncer à l'assurance maladie obligatoire : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

La pression liée à la hausse des primes d’assurance-maladie s’accentue en Suisse, au point de remettre en cause l’un des piliers du système de santé. Selon un sondage mené par le comparateur bonus.ch auprès de plus de 4 500 personnes, près de 30 % des assurés se disent prêts à renoncer à l’obligation d’assurance si cela devenait possible. 

Parallèlement, un tiers des Suisses envisagent de changer de caisse pour l’année prochaine, signe d’un désaveu croissant envers les assureurs. Cette tendance met en lumière un malaise profond qui pourrait avoir des conséquences économiques et sociales majeures.

Un système de santé contesté

L’assurance-maladie obligatoire, instaurée pour garantir un accès équitable aux soins, suscite de plus en plus de critiques. En 2023, 19 % des assurés avaient changé de prestataire, un chiffre tombé à 17 % en 2024 malgré une hausse historique de 8,7 % des primes. Pour 2025, le taux reste stable à 17 %, mais bonus.ch prévoit déjà 32 % de résiliations pour 2026. Cette évolution traduit une véritable perte de confiance dans le système actuel, largement alimentée par le poids financier croissant des primes.

Le Tessin illustre particulièrement cette situation. Ce canton, où les primes ont augmenté en moyenne de 10,5 % ces deux dernières années, enregistre la proportion la plus élevée d’assurés prêts à changer de caisse : 66 %. À l’inverse, en Suisse alémanique, plus de huit assurés sur dix ne prévoient aucune résiliation. En Suisse romande, 32 % des habitants envisagent un changement, révélant un malaise plus modéré mais néanmoins significatif. Selon Comparis, cette situation témoigne d’une « illogique » dans le comportement des assurés, tiraillés entre leur frustration face aux coûts et leur crainte de bouleverser leurs habitudes.

Une pression économique et sociale croissante

Le sondage de bonus.ch ne se limite pas au seul constat des changements de caisse. Il révèle également qu’un tiers des Suisses seraient prêts à renoncer purement et simplement à l’assurance obligatoire si la législation leur en laissait le choix. Cette position radicale traduit un ras-le-bol général et met en évidence un fossé croissant entre les assurés et un système perçu comme rigide et onéreux.

Les répercussions économiques sont importantes. Le coût des primes réduit le pouvoir d’achat des ménages, tandis que les cantons doivent mobiliser des milliards de francs chaque année pour financer les subsides destinés aux foyers les plus fragiles. À cela s’ajoutent des disparités régionales marquées : les Tessinois, les plus touchés par les hausses, apparaissent également comme les plus enclins à envisager des solutions alternatives, tandis que les Alémaniques demeurent majoritairement attachés au statu quo.

Cette fracture interroge sur l’avenir du système de santé suisse. Si aucune réforme structurelle n’est mise en œuvre, la pression financière et le mécontentement risquent de continuer à croître. La tentation d’un modèle plus flexible, voire d’une remise en question de l’obligation d’assurance, pourrait alors s’amplifier, rendant inévitable un débat national sur l’avenir de la couverture maladie.

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