Licenciements chez UBS : les banquiers les plus âgés peinent à retrouver un travail

Les licenciements chez UBS révèlent une transformation profonde du marché bancaire suisse et des difficultés grandissantes pour les salariés les plus expérimentés.

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Licenciements chez UBS : les banquiers les plus âgés peinent à retrouver un travail : Crédit : Markus Mainka/Shutterstock.com | Econostrum.info - Suisse

Deux ans après la fusion entre UBS et Credit Suisse, le paysage bancaire suisse continue de se transformer profondément. Les premières vagues de licenciements massifs commencent à se traduire par une augmentation visible des inscriptions à l’Office régional de placement (ORP). 

De nombreux collaborateurs expérimentés, souvent âgés et bien rémunérés, franchissent désormais la porte de ces bureaux. Cette évolution met en lumière une mutation structurelle du secteur financier, où les suppressions de postes se combinent à des difficultés croissantes de réinsertion professionnelle.

Des chiffres en hausse et un marché du travail sous tension

L’ORP de Zurich, situé derrière la gare de Meilen, voit défiler chaque jour des banquiers venus s’inscrire après la fin de leur contrat. Les licenciements chez UBS, entamés il y a un an, produisent désormais leurs effets concrets. Après une période de plan social allant de huit à douze mois, de nombreux employés n’ayant pas retrouvé de poste se tournent vers l’assurance-chômage. À fin juin 2025, UBS employait 105 132 collaborateurs à plein temps dans le monde, contre 109 991 un an plus tôt et 119 100 lors de la présentation des premiers chiffres consolidés en 2023, selon Blick.

Les statistiques officielles confirment cette tendance. En juin, le taux de chômage dans le canton de Zurich s’élevait à 2,5 %, soit 22 136 personnes inscrites, dont 76 de plus dans la finance et les assurances par rapport au mois précédent. Alors que d’autres branches enregistrent une baisse du chômage, le secteur bancaire voit ses effectifs se réduire. Julius Bär, par exemple, a récemment supprimé 400 emplois, accentuant la concurrence entre candidats sur un marché déjà restreint.

Natalia Ferrara, vice-présidente de l’Association suisse des employés de banque (ASEB), souligne que l’échelonnement des licenciements chez UBS a évité un choc brutal sur le marché. « On ne voit que maintenant les conséquences des vagues de suppressions qui ont commencé il y a un an et qui se sont prolongées jusqu’au début de 2025 », explique-t-elle. Cette approche progressive permet également à certains collaborateurs proches de la retraite d’atteindre cet objectif sans passer par une période de chômage prolongé.

Une reconversion professionnelle compliquée pour les banquiers expérimentés

Si UBS privilégie le recrutement interne, avec plus des deux tiers des postes pourvus en Suisse en 2024 grâce à la mobilité interne, beaucoup d’anciens collaborateurs peinent à retrouver un emploi. Les banquiers les plus âgés et les mieux rémunérés hésitent à accepter des postes moins attractifs, préférant parfois utiliser la durée de leur plan social pour chercher une opportunité correspondant à leur statut. Cette situation ralentit leur retour sur le marché et augmente leur présence à l’ORP.

La transformation structurelle du secteur ne facilite pas leur réinsertion. Les banques réduisent leurs effectifs dans des fonctions traditionnelles au profit de profils spécialisés en conformité, gestion des risques ou technologie. Les compétences recherchées évoluent, laissant sur le côté une partie des professionnels de la finance traditionnelle.

Certaines voix appellent désormais à renforcer les programmes de reconversion ciblés pour accompagner ces travailleurs vers des domaines connexes, comme la fintech ou le conseil indépendant. Sans cela, le nombre de banquiers au chômage pourrait continuer d’augmenter, au risque d’accentuer les tensions sociales dans un secteur en pleine mutation.

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