La pharma suisse sommée de décider de ses prix aux États-Unis, l’avenir économique du pays entre les mains du secteur

L’avenir économique de la Suisse se joue donc en partie dans la capacité de son industrie pharmaceutique à défendre ses prix et à peser dans les négociations internationales.

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Pharma suisse
La pharma suisse sommée de décider de ses prix aux États-Unis, l'avenir économique du pays entre les mains du secteur : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

La Suisse s’appuie plus que jamais sur son industrie pharmaceutique pour soutenir sa prospérité. Ce secteur stratégique, qui représente près de la moitié des exportations nationales, se retrouve sous pression face aux menaces de surtaxes de 39 % brandies par Donald Trump. 

Le président américain exige des propositions concrètes de la part des fabricants, principalement Roche et Novartis, pour réduire les prix de leurs médicaments aux États-Unis. Cette situation place la pharma dans une position déterminante, tant pour ses propres intérêts que pour l’équilibre économique du pays.

La fixation des prix aux États-Unis entre les mains des pharmas

Donald Trump a accordé un sursis jusqu’au 29 septembre aux géants pharmaceutiques pour formuler des propositions de baisse de prix. Sans accord, des surtaxes douanières de 39 % pourraient être appliquées aux exportations, menaçant directement un secteur qui pèse plus de 120 milliards de francs suisses en valeur annuelle.

Pour Interpharma, l’organisation qui représente les principaux acteurs du secteur, le marché américain reste une zone où les entreprises doivent garder la maîtrise de leur politique tarifaire. « Il revient aux entreprises pharmaceutiques de décider à quel prix elles vendent leurs médicaments aux États-Unis », a déclaré Michèle Sierro, porte-parole de la faîtière, dans l’émission Forum de la RTS. Cette position souligne le refus de l’industrie d’accepter toute intervention extérieure dans un marché où les prix sont historiquement dictés par la concurrence et la demande.

Le ministre de l’Économie, Guy Parmelin, a confirmé que des contacts sont en cours entre Berne, l’industrie et Washington. Ces discussions s’annoncent cruciales, car un durcissement commercial aurait des répercussions directes sur l’excédent commercial suisse, largement porté par la performance du secteur pharmaceutique.

Un modèle suisse de fixation des prix contesté

Pendant que les pharmas suisses défendent leur liberté tarifaire à l’international, elles dénoncent en parallèle le système national de fixation des prix. En Suisse, l’État établit les tarifs des médicaments remboursés, un mécanisme qu’Interpharma qualifie d’« obsolète ».

« Nous demandons une réforme de ce système car il n’est pas adapté aux produits innovants », explique Michèle Sierro. Elle rappelle que développer un nouveau médicament coûte en moyenne 2,5 milliards de francs et que 90 % des tentatives échouent avant d’atteindre le marché. Pour Roche et Novartis, ces contraintes justifient la nécessité d’une plus grande flexibilité afin de préserver leur capacité d’investir massivement dans la recherche.

La combinaison de ces enjeux met en évidence la place centrale de la pharma dans l’économie suisse. Si le secteur parvient à préserver ses positions aux États-Unis et à obtenir une réforme nationale, il renforcera encore son poids dans un pays déjà largement dépendant de ses exportations pharmaceutiques. Dans le cas contraire, les risques de tensions commerciales et de ralentissement du secteur pourraient fragiliser l’équilibre économique helvétique.

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