En mars 2023, UBS avait repris Credit Suisse pour une somme symbolique de 3 milliards de francs. Une opération rapide, menée sous pression, destinée à éviter l’effondrement du deuxième plus grand établissement bancaire suisse. Mais selon une décision récente du tribunal de commerce de Zurich, ce montant est désormais sérieusement contesté.
Le tribunal a accordé à plus de 5000 anciens actionnaires de Credit Suisse le droit à un examen indépendant du prix d’achat. Ces derniers considèrent que la valeur de l’action a été déterminée arbitrairement et réclament une réévaluation.
Selon le journal SonntagsZeitung, le litige porte désormais sur un montant de 50 milliards de francs. UBS pourrait ainsi être contrainte à assumer une charge bien supérieure à celle initialement anticipée, rapporte Blick.
Une réévaluation confiée à des experts indépendants
La procédure juridique en cours prévoit la désignation de deux experts indépendants, Roger Neiniger et Peter Leibfried, chargés de déterminer la valeur réelle de Credit Suisse au moment de la fusion. UBS devra leur fournir des documents internes relatifs à ses propres évaluations.
Cette démarche, juridiquement fondée, expose néanmoins le groupe bancaire à une transparence inédite sur les critères et hypothèses ayant guidé l’estimation initiale. Le média helvétique souligne que cette réévaluation pourrait déplaire à UBS, notamment en raison des potentielles implications financières si la valeur définie par les experts s’avérait largement supérieure aux 3 milliards déboursés.
Des coûts supplémentaires liés aux exigences réglementaires
Au-delà de ce litige, UBS fait face à une autre contrainte financière majeure. En juin 2025, la ministre des Finances Karin Keller-Sutter, soutenue par la Finma et la Banque nationale suisse, a imposé une exigence accrue de fonds propres pour les filiales étrangères d’UBS. Si ce projet est validé par le Parlement, la facture pour la banque pourrait dépasser les 20 milliards de francs.
Enfin, toujours selon le même média, UBS envisagerait un transfert de son siège à l’étranger, possiblement à New York, dans un délai de neuf mois. Une telle relocalisation soulève de nombreuses interrogations, notamment sur l’avenir des crédits accordés aux PME suisses et les conséquences pour les clients fortunés de la banque.








