Genève perd Proton et 100 millions d’investissements

Proton quitte Genève et suspend ses investissements en Suisse, dénonçant une réforme jugée intrusive sur la surveillance des télécommunications.

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Genève perd Proton et 100 millions d’investissements - © Sutterstock

La société technologique Proton choisit de ne plus investir en Suisse, invoquant des inquiétudes liées à une révision de l’ordonnance fédérale sur la surveillance des télécommunications. Une décision lourde de conséquences économiques, puisque ce retrait prive la Suisse d’un investissement de 100 millions de francs.

La Suisse perd une entreprise technologique d’envergure à cause d’un projet de réglementation jugé intrusif. Proton, fondée à Genève et spécialisée dans la sécurité numérique, déplace ses serveurs en Allemagne et en Norvège. Cette délocalisation est motivée par le refus d’adhérer à ce que son directeur considère comme un cadre législatif menaçant la confidentialité des communications.

Selon le quotidien Le Temps, cette décision intervient alors que le Conseil fédéral envisage une réforme jugée préoccupante par de nombreux acteurs du numérique. La révision de l’ordonnance sur la surveillance de la correspondance par poste et télécommunication est au cœur des critiques.

Une réglementation jugée trop intrusive

Le directeur de Proton, Andy Yen, dénonce une proposition législative qui selon lui instaurerait une « surveillance de masse ». Il estime que cette révision portée par le conseiller fédéral Beat Jans est « extrême », au point de la juger illégale non seulement dans l’Union européenne mais aussi aux États-Unis. En réaction, l’entreprise suspend ses investissements en Suisse et choisit d’implanter son infrastructure numérique ailleurs.

Cette prise de position reflète les préoccupations d’un secteur soucieux de préserver la confidentialité de ses utilisateurs. Pour Proton, l’environnement réglementaire suisse devient incompatible avec ses principes fondateurs.

Un manque à gagner de 100 millions de francs

En décidant de faire tourner son intelligence artificielle baptisée Lumo depuis des serveurs installés en Allemagne et en Norvège, Proton prive la Suisse d’un investissement évalué à 100 millions de francs. Ce retrait n’est pas anodin : il marque une rupture dans le lien entre l’entreprise et le canton de Genève, où elle avait pourtant été fondée et s’était développée.

Le choix de délocaliser l’activité liée à l’IA plutôt que de l’implanter sur sol suisse témoigne d’une défiance croissante face au climat réglementaire. Cette décision a été confirmée jeudi par les journaux Le Temps, le Tages-Anzeiger, la Basler Zeitung, la Berner Zeitung et le Bund.

Genève et la Suisse face à un dilemme stratégique

Le départ de Proton soulève une question plus large sur l’attractivité de la Suisse pour les entreprises technologiques. Si Genève voit un fleuron local s’éloigner, c’est toute une politique de souveraineté numérique qui est remise en cause. Le pays doit désormais arbitrer entre exigences de sécurité et maintien d’un environnement propice à l’innovation.

La révision de l’ordonnance sur la surveillance des télécommunications, pointée du doigt par plusieurs médias dont Le Temps, devient ainsi un symbole d’un dilemme stratégique : encadrer les technologies tout en préservant la confiance des acteurs du numérique.

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