La Suisse face à une pénurie de main-d’œuvre : 400 000 travailleurs manquants d’ici 2033, alerte la BNS

La Suisse pourrait manquer de 400 000 travailleurs d’ici 2033, en raison du départ des baby-boomers. Des solutions comme l’augmentation du travail et l’immigration sont proposées.

Publié le
Lecture : 2 min
Employé dans une usine
La Suisse face à une pénurie de main-d’œuvre : 400 000 travailleurs manquants d’ici 2033, alerte la BNS - © Shutterstock

D’ici dix ans, la Suisse risque de faire face à une grave pénurie de main-d’œuvre. Selon une étude de la Banque nationale suisse, publiée par la Neue Zürcher Zeitung, environ 400 000 actifs manqueraient pour répondre aux besoins du marché du travail.

Cette situation découle principalement du départ massif à la retraite des baby-boomers, une génération qui a contribué de manière importante à la croissance économique du pays.

Les experts de la BNS suggèrent plusieurs pistes pour éviter les conséquences négatives de ce vide. Parmi ces solutions, l’augmentation de l’activité professionnelle des personnes déjà présentes sur le marché du travail, comme les seniors ou les travailleurs à temps partiel, pourrait être une réponse. La question reste cependant de savoir si ces propositions trouveront un écho favorable auprès de la population.

Les solutions envisagées par la BNS

La BNS propose plusieurs approches pour compenser le manque de travailleurs. L’une des premières solutions avancées est de faire travailler davantage de personnes, notamment celles qui sont déjà au chômage ou qui occupent des emplois à temps partiel. Le taux d’occupation de ces travailleurs pourrait ainsi être augmenté, ce qui permettrait de combler une partie du vide.

Une autre option est de recourir davantage aux travailleurs non résidents, notamment les frontaliers et les personnes issues de la migration. Cette approche pourrait permettre d’intégrer plus de travailleurs étrangers dans les secteurs qui souffrent particulièrement de la pénurie de main-d’œuvre. Il s’agirait ainsi d’augmenter la flexibilité du marché du travail suisse pour accueillir ces nouvelles populations actives.

Les résistances aux réformes proposées

Si certaines propositions, comme l’augmentation du nombre d’heures travaillées, semblent logiques sur le papier, elles rencontrent une résistance de la part de la population. En effet, la tendance historique en Suisse montre une réduction progressive du nombre d’heures de travail par salarié, passant de 38 heures par semaine en moyenne en 1980 à environ 30 heures en 2020.

Ce recul, lié à un désir de mieux concilier vie professionnelle et vie privée, rend peu probable l’acceptation d’une telle mesure, malgré son efficacité théorique pour résoudre la pénurie de main-d’œuvre.

En outre, l’augmentation de l’âge de départ à la retraite, une autre solution pour prolonger l’activité des travailleurs plus âgés, a été rejetée par la population en 2024. Il semble que les ajustements à la durée de vie professionnelle soient moins populaires en Suisse, malgré la nécessité économique qui se profile.

Laisser un commentaire

Share to...