En 2022, Tudor a lancé la construction d’une nouvelle usine de production à Locle, en collaboration avec le fabricant de mouvements horlogers Kenissi. Ce projet, destiné à renforcer la production de Tudor, marque une nouvelle étape dans l’essor de la marque, longtemps perçue comme une filiale économique de Rolex.
Dans le cadre de ce projet, la Confédération suisse a accordé des allègements fiscaux importants, car la région de Locle fait partie des zones dites « structurellement faibles« . Ces régions bénéficient de subventions pour encourager la création d’emplois et d’investissements. En dépit de la réputation et des revenus de Rolex, ces aides fiscales ont été octroyées pour soutenir l’implantation de l’usine, indique Blick.
Une estimation des économies fiscales
L’ampleur des allègements fiscaux accordés à Rolex pour la construction de l’usine de Tudor reste floue, Rolex et la Confédération refusant de divulguer le montant exact des aides. Toutefois, selon les données disponibles, ces allègements pourraient représenter jusqu’à 28,5 millions de francs.
Ce chiffre repose sur le calcul d’un rabais fiscal maximal de 95 000 francs par emploi créé, avec environ 300 personnes employées dans les usines Tudor et Kenissi en 2022.
Bien que Rolex n’ait pas révélé de détails financiers spécifiques, ces estimations donnent un aperçu de l’ampleur des économies fiscales accordées à l’entreprise. Rolex, dont le chiffre d’affaires a atteint 10,1 milliards de francs en 2024, semble loin de l’image d’une entreprise nécessitant une telle aide.
Une politique fiscale qui interroge
Si les allègements fiscaux sont souvent justifiés par des arguments économiques locaux, leur pertinence dans le cas d’une marque comme Rolex reste discutable. La Confédération suisse précise que ces subventions visent à soutenir les régions économiquement faibles et à favoriser l’emploi. Pourtant, plusieurs économistes remettent en question l’efficacité de ces aides pour des entreprises déjà bien établies comme Rolex.
Bien que les autorités suisses assurent que ces incitations jouent un rôle crucial dans la concurrence économique entre les régions suisses et européennes, la question se pose sur la nécessité d’offrir un tel soutien à une société qui génère des milliards de francs de revenus. Actuellement, le Conseil fédéral cherche à supprimer ces incitations fiscales dans le cadre de réformes économiques à venir.








