De plus en plus de jeunes adultes en Suisse se retrouvent dans une spirale de surendettement, notamment à cause des nouvelles méthodes de paiement différé comme le « Buy Now, Pay Later ».
Ces pratiques, séduisantes au premier abord, cachent des risques financiers majeurs, surtout lorsque les jeunes négligent de prendre conscience des conséquences de leur choix.
Les prestataires de paiement comme Klarna, qui sont derrière ces offres, attirent les jeunes avec la promesse de crédits sans frais ni intérêts. Cependant, cette facilité d’accès à l’achat cache des pièges, souvent exacerbés par des frais de retard et des conditions complexes que peu de jeunes saisissent réellement.
Les conséquences sont déjà visibles, et les experts s’inquiètent des répercussions à long terme sur la stabilité financière des jeunes adultes en Suisse, rapporte Watson.
L’essor du « Buy Now, Pay Later » (BNPL) et ses dangers
Le modèle « Buy Now, Pay Later » (BNPL) se développe rapidement, notamment avec des prestataires comme Klarna, qui compte plus de mille commerçants suisses sur sa plateforme.
Ce système permet aux consommateurs d’acheter immédiatement et de payer plus tard, une option très attractive pour les jeunes adultes qui, à la fin du mois, se retrouvent souvent à court de liquidités. Toutefois, derrière cette offre se cache une réalité moins rose.
Le risque principal réside dans l’accumulation de dettes. Selon Pascal Pfister, directeur de Dettes Conseils Suisse (DCS), les jeunes perçoivent souvent ces crédits comme inoffensifs en raison de l’absence de frais initiaux.
Mais en cas de retard de paiement, des frais de rappel et des intérêts de retard viennent rapidement augmenter la dette, comme le montre l’exemple d’un jeune homme de 19 ans, qui, après quelques mois, a vu sa dette atteindre 4500 francs.
Un manque de vigilance face aux risques financiers
Le principal problème soulevé par les experts réside dans la méconnaissance des conditions d’utilisation des services BNPL. Les jeunes adultes, souvent peu expérimentés en gestion financière, ne réalisent pas toujours l’ampleur de la dette qu’ils peuvent accumuler.
La facilité avec laquelle les paiements peuvent être reportés conduit certains à perdre de vue l’ensemble des mensualités à rembourser. Cette situation devient problématique lorsque plusieurs achats sont effectués en même temps, entraînant un effet boule de neige difficile à maîtriser.
Une étude des Universités de Stanford et de Californie à Irvine souligne que les utilisateurs de ces services ont tendance à accumuler plus rapidement des frais de découvert bancaire et des intérêts de carte de crédit par rapport à ceux qui n’ont pas recours à ces méthodes.
Les solutions et la législation insuffisante
En Suisse, bien que la loi fédérale sur le crédit à la consommation (LCC) régule les obligations des prestataires, elle n’est pas parfaitement adaptée à ces nouveaux modes de paiement.
En effet, la vérification de la solvabilité des jeunes, qui utilisent des services comme Klarna, n’est pas aussi rigoureuse que celle effectuée par les banques lors de la souscription à des crédits classiques. Cela signifie que des personnes financièrement fragiles peuvent facilement tomber dans le piège de l’endettement.
Si cette question semble peu préoccupante pour l’instant, des voix s’élèvent, comme celle de l’avocate Rausan Noori, qui préconise une révision de la loi pour garantir un meilleur contrôle des pratiques des prestataires de services BNPL.
Les autorités fédérales, bien qu’informées, n’ont pas encore pris des mesures décisives. Une motion déposée par la députée Min Li Marti appelle à une meilleure régulation de ces services, mais la proposition a été rejetée par le Conseil fédéral.
Il devient pourtant urgent d’adopter des législations adaptées à l’essor des méthodes de paiement numériques, afin d’éviter que les jeunes, souvent mal informés, ne tombent dans une spirale de dettes insurmontables.








