La Suisse s’apprête à vivre l’un de ses étés les plus chauds de son histoire

La Suisse s’apprête à vivre son cinquième été le plus chaud, marqué par des températures extrêmes et une adaptation insuffisante face au dérèglement climatique.

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Employée en sueur à cause du temps chaud de lété
La Suisse s'apprête à vivre l’un de ses étés les plus chauds - © Shutterstock

Le mois de juin 2025 a connu des températures jamais enregistrées depuis la canicule de 2003. MétéoSuisse prévoit un été au climat exceptionnellement chaud, avec une probabilité élevée de figurer parmi les plus caniculaires de l’histoire récente du pays.

Face à cette chaleur persistante, les experts alertent sur l’intensification des vagues de chaleur, causées par le réchauffement climatique. Les infrastructures suisses, ainsi que l’organisation sociale, montrent encore des limites dans leur adaptation à ces nouvelles réalités.

Une saison estivale déjà marquée par des records

La Suisse a enregistré en juin des températures atteignant des niveaux inédits depuis 2003. D’après MétéoSuisse, les prévisions actuelles indiquent que les températures resteront supérieures à la moyenne jusqu’à août, à l’exception de la semaine prochaine.

Isabelle Fath, prévisionniste au sein de l’organisme, évoque une probabilité de 90 % pour que l’été 2025 devienne le cinquième plus chaud depuis le début des relevés en 1864. La spécialiste précise aussi qu’il existe 15 % de chances qu’il s’agisse du plus chaud jamais mesuré.

Malgré une baisse prévue des températures de 10 degrés d’ici à la fin du week-end, l’intensité de la saison ne semble pas devoir faiblir à moyen terme. Cette situation illustre un changement durable dans la fréquence et l’intensité des périodes caniculaires.

Une évolution climatique irréversible selon les scientifiques

Martine Rebetez, professeure à l’Université de Neuchâtel et collaboratrice scientifique à l’institut fédéral WSL, estime que les épisodes extrêmes de chaleur sont voués à s’intensifier.

Elle affirme que les conditions météorologiques connues avant les grands changements climatiques ne reviendront plus. Selon les scénarios climatiques établis pour la Suisse, les journées les plus chaudes de l’été pourraient être supérieures de 5,5 degrés d’ici à 2060.

Rebetez ajoute qu’en 2024, ce ne sont pas les vagues de chaleur qui ont marqué l’été, mais des précipitations anormalement élevées, causant des dégâts importants. Elle souligne que désormais, les étés se traduisent soit par des périodes de chaleur extrême, soit par des événements météorologiques violents, voire les deux.

Des sociétés inégalement préparées aux vagues de chaleur

La Suisse, bien que moins exposée à des températures extrêmes comme celles enregistrées récemment en Espagne (46 degrés à El Granado) ou au Portugal (46,6 °C à Mora), n’en souffre pas moins.

Martine Rebetez remarque que la population suisse est moins habituée à ces conditions climatiques que celle du sud de l’Europe. À cette vulnérabilité s’ajoute une inadaptation des infrastructures, en particulier les bâtiments, qui ne sont pas conçus pour résister à des chaleurs prolongées.

L’organisation sociale reflète aussi ce manque d’adaptation. En Espagne, les horaires de travail sont ajustés pour éviter les heures les plus chaudes de la journée, avec une interruption entre 13 h et 16 h. En Suisse, le travail se poursuit généralement sans interruption en début d’après-midi, quelle que soit la température.

Cette absence de mesures concrètes interroge alors que, selon Martine Rebetez, les politiques tardent à réagir à l’urgence climatique, notamment en matière de transports et d’énergie. Tribune de Genève rapporte ainsi ses propos appelant à stopper rapidement la vente de voitures à essence et diesel.

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