Le 11 juin, le Conseil d’État genevois a annoncé qu’à compter de la rentrée 2026, les élèves frontaliers et vaudois ne seront plus acceptés dans les écoles publiques de Genève, que ce soit au niveau primaire, secondaire ou postobligatoire, relate Blick.
Actuellement, environ 2 500 élèves frontaliers sont scolarisés dans les établissements genevois, et cette mesure pourrait concerner jusqu’à 2 000 jeunes à terme, en raison de la saturation des classes.
Cette décision intervient après plusieurs années de tentatives d’adaptation des infrastructures, comme l’ajout de pavillons provisoires et la surélévation d’établissements scolaires pour faire face à l’afflux d’élèves. Malgré ces efforts, la pression démographique et migratoire continue de croître, rendant cette situation insoutenable à long terme pour le système éducatif genevois.
Une transition pour les élèves déjà scolarisés
Le Conseil d’État a prévu une période transitoire pour les élèves actuellement inscrits dans les écoles genevoises. Ces élèves pourront achever leur cycle d’enseignement en cours, que ce soit au primaire, au cycle d’orientation ou au secondaire II.
Cela signifie que les élèves frontaliers ou vaudois inscrits en 1P pourront aller jusqu’en 4P, ceux en 5P jusqu’à la 8P, ou encore ceux en secondaire II jusqu’à l’obtention de leur diplôme.
Cette transition vise à éviter une rupture brutale dans le parcours scolaire des jeunes déjà engagés dans une scolarité à Genève. Les élèves qui déménageraient en cours d’année ne pourront toutefois compléter l’année scolaire dans leurs écoles genevoises respectives, et devront changer d’établissement.
Des réactions politiques et sociales
Cette mesure n’a pas manqué de susciter des réactions, en particulier de la part des associations de frontaliers. Thomas Fischer, directeur du Groupement transfrontalier européen, a exprimé sa déception, estimant qu’il s’agissait d’une décision discriminatoire.
Selon lui, les frontaliers contribuent à l’économie locale par leurs impôts et devraient avoir accès à l’éducation sans distinction. De son côté, le président de l’association Genevois sans frontière, Paolo Lupo, dénonce une décision en décalage avec les politiques fédérales, qui visent à faciliter l’accès à l’éducation pour les Suisses de l’étranger.
Il regrette également que cette mesure ne prenne pas en compte les réalités sociales des familles, notamment celles qui ne peuvent pas vivre dans le canton en raison de situations familiales, comme un divorce.








