Les Verts suisses reviennent à la charge face à la popularité croissante des SUV. Un projet de taxe nationale sur les véhicules les plus lourds et puissants a été soumis pour tenter de réorienter le marché automobile vers des modèles plus sobres.
Les SUV continuent de dominer les routes suisses, représentant plus de la moitié des nouvelles immatriculations selon une analyse de Comparis relayée par Watson. Ce type de véhicule, prisé pour son confort et sa position de conduite surélevée, soulève pourtant de nombreuses critiques environnementales. Le Conseil national est désormais appelé à se prononcer sur une initiative portée par les Verts pour limiter leur usage.
Depuis près de deux décennies, le parti écologiste s’oppose à la prolifération des SUV. En 2007 déjà, les Jeunes Verts tentaient une interdiction via l’initiative « Stop Offroader ». Aujourd’hui, leur stratégie évolue vers une fiscalité ciblée, à l’image du « Superbollo » italien, pour dissuader l’achat de véhicules énergivores.
Une taxe progressive comme réponse à l’échec de l’interdiction
Conscients que l’interdiction pure et simple des SUV a peu de chances d’être acceptée, les Verts ont déposé une alternative jugée plus réaliste. La conseillère nationale Marionna Schlatter propose l’instauration d’une « taxe nationale progressive » sur les véhicules motorisés excédant 225 chevaux ou pesant plus de deux tonnes. Une mesure qui viserait principalement les SUV et voitures de sport.
Inspirée du «Superbollo» en vigueur en Italie depuis plus de dix ans, cette taxe s’appliquerait dès 250 chevaux, avec un coût croissant de 20 euros par kilowatt supplémentaire. Une étude de 2021 suggère que ce dispositif aurait eu des effets positifs sur les nouvelles immatriculations, incitant les consommateurs à opter pour des véhicules moins puissants.
Marionna Schlatter défend cette proposition en soulignant que les véhicules ciblés « sapent les objectifs environnementaux de la Suisse » par leur consommation accrue de carburant, leurs émissions sonores et leur usure plus importante des routes, notamment par les particules de pneus.
Des impacts sur la sécurité et l’environnement urbain
Les critiques adressées aux SUV ne se limitent pas à la consommation énergétique. Ces véhicules sont également considérés comme une menace pour la sécurité des usagers vulnérables. S
elon les Verts, les cyclistes et les piétons seraient plus exposés aux dangers en raison de la masse et de la configuration des SUV, une inquiétude relayée dans les débats au Conseil national.
L’impact environnemental est aussi mis en avant. En plus des émissions de CO2 plus élevées, les SUV nécessitent davantage de ressources pour leur fabrication et leur entretien. Ces éléments vont à l’encontre des objectifs suisses de réduction des gaz à effet de serre.
L’objectif des Verts est d’orienter les consommateurs vers des alternatives moins polluantes, sans pour autant interdire directement les modèles existants.
Des initiatives locales déjà en cours en Suisse
Ce projet national fait écho à plusieurs initiatives locales déjà expérimentées. À Bâle-Ville, le parlement a soutenu une mesure similaire et le Conseil d’État planche désormais sur son application. En revanche, le parlement zurichois a rejeté cette proposition, témoignant des divergences politiques autour de ce sujet.
Dans d’autres villes, comme Zurich et Lausanne, les autorités ont opté pour des ajustements ciblés, tels que l’augmentation des tarifs de stationnement pour les véhicules encombrants. Le Conseil communal de Lausanne a d’ailleurs voté en faveur d’un postulat en ce sens, visant particulièrement les SUV, toujours selon le média hemvétique.
Ces démarches régionales renforcent la légitimité d’un débat au niveau fédéral, en soulignant une volonté croissante d’agir face à une tendance automobile jugée incompatible avec les objectifs climatiques de la Suisse.








