L’UBS, fleuron du secteur bancaire suisse, se retrouve aujourd’hui sous haute surveillance. Le Conseil fédéral a récemment dévoilé une série de mesures visant à éviter une nouvelle crise bancaire.
Si cette réglementation entraîne des coûts pour la banque, elle vise avant tout à garantir la stabilité financière du pays, en renforçant les exigences de capital. Karin Keller-Sutter, présidente de la Confédération et ministre des Finances, a joué un rôle central dans l’instauration de ces nouvelles règles, soutenue par la Banque nationale et la Finma.
Des mesures strictes pour un renforcement capitalistique
L’une des mesures les plus significatives de cette nouvelle réglementation concerne l’exigence de capital imposée à UBS. Pour ses filiales à l’étranger, la banque devra désormais déposer l’intégralité de son capital au sein de la maison mère, une disposition qui vise à renforcer la stabilité du groupe dans son ensemble. Cette exigence, associée à d’autres mesures de stabilité bancaire, pourrait coûter à UBS jusqu’à 26 milliards de dollars, indique Blick. Si cette somme peut sembler colossale, elle est perçue comme nécessaire pour éviter de répéter les erreurs du passé, notamment celles ayant conduit à la chute de Credit Suisse.
Pour UBS, ces nouvelles règles signifient un renoncement à une partie de ses bénéfices et à ses rachats d’actions, afin de renforcer ses fonds propres. Toutefois, cette pression sur ses finances est contrebalancée par une échéance plus lointaine : la banque dispose de dix ans pour se conformer pleinement aux exigences de capital. Bien que cette période d’adaptation permette à UBS de gérer plus sereinement la transition, elle reste contraignante, et le coût de ces ajustements pourrait avoir des répercussions sur les actionnaires et les dividendes.
L’impact sur la compétitivité de UBS et de la place financière suisse a également été évoqué par Sergio Ermotti, CEO de la banque. Ce dernier a mis en garde à plusieurs reprises contre les risques de rendre UBS moins attractive, notamment par rapport à ses concurrents internationaux. Néanmoins, ces nouvelles règles sont jugées positives pour le contribuable suisse, en ce sens qu’elles permettent de renforcer la résilience de la banque face à une potentielle crise financière. Une telle stabilité est devenue primordiale après les événements de 2008 et la faillite de Credit Suisse.
Des avantages cachés pour UBS et un retour à la confiance des investisseurs
Malgré l’ampleur des ajustements à effectuer, UBS dispose de certains avantages dans cette situation. L’une des premières bonnes nouvelles pour la banque est que le projet législatif, porté par la ministre des Finances, doit encore passer par le Parlement. Cela accorde à UBS un délai d’au moins deux ans pour engager des discussions avec les parlementaires, et potentiellement négocier certains aspects de la réforme. Cet avantage de temps permet à la banque de mieux anticiper les changements à venir, et de s’organiser en conséquence.
Le deuxième « cadeau » pour UBS réside dans le délai de dix ans accordé pour répondre aux nouvelles exigences de capital. Ce laps de temps donne à la banque une période suffisante pour ajuster ses activités sans avoir à prendre des mesures drastiques dans l’immédiat. Les investisseurs semblent avoir bien compris cet aspect, et ont déjà manifesté leur soutien à UBS en augmentant leur investissement. L’action de la banque a ainsi progressé de près de 4%, une réaction favorable qui reflète la réduction de l’incertitude entourant l’avenir de la place financière suisse.
Ce climat de prévisibilité, renforcé par des règles claires et stables, est une des raisons pour lesquelles les investisseurs continuent de faire confiance à UBS et à la Suisse en général. Une stabilité politique et économique aussi forte attire non seulement des capitaux étrangers, mais permet également à la banque de se positionner comme un acteur de confiance sur la scène internationale. En définitive, bien que les coûts associés à ces réformes soient réels, elles permettent de garantir une place financière robuste, résiliente face aux crises.








