En mai 2025, l’indice des prix à la consommation (IPC) en Suisse a enregistré un recul de 0,1% par rapport à mai 2024, selon les données de l’Office fédéral de la statistique (OFS). Cette diminution de l’inflation est largement attribuée à la baisse des prix des produits importés, qui ont chuté de 2,4 %. Les produits pétroliers, en particulier, ont vu leur prix baisser de 9,6 %, tout comme l’énergie et les carburants, qui ont enregistré une diminution de 8,3 %.
À l’inverse, les prix des produits indigènes ont connu une légère hausse de 0,6 %, notamment en raison de la hausse des loyers de logement, qui ont augmenté de 2,6 %. Les données mensuelles montrent également un léger renchérissement de 0,1 % par rapport au mois d’avril 2025, en grande partie dû à l’augmentation des loyers (+0,5 %), tandis que les prix des transports aériens (-5,6 %) et du mazout (-5,3 %) ont reculé.
Une situation inquiétante pour la BNS
Le retournement en territoire négatif de l’inflation suscite des préoccupations concernant une potentielle déflation. Cette situation pourrait inciter la BNS à ajuster sa politique monétaire, notamment en réduisant davantage ses taux directeurs, voire en les plaçant en territoire négatif avant la fin de l’année.
Arthur Jurus de la banque Oddo BHF prévoit qu’un taux directeur à 0 % pourrait évoluer vers des taux négatifs si la situation persiste. Bien que certains experts estiment qu’une telle mesure ne serait adoptée qu’en dernier recours, la BNS pourrait se retrouver dans une position délicate, devant éviter une spirale déflationniste qui ralentirait encore l’économie suisse.
Alessandro Bee, économiste chez UBS, a souligné que la hausse des loyers n’avait pas suffi à compenser la baisse des prix de l’énergie, ce qui a contribué à l’entrée en territoire négatif de l’inflation, rapporte Blick.
Des conséquences sur les marchés et l’économie suisse
Une politique de taux directeurs négatifs pourrait avoir des répercussions importantes sur le marché immobilier et les conditions de crédit. En abaissant ses taux directeurs, la BNS rendrait les prêts hypothécaires moins chers, car les taux d’intérêt des crédits bancaires et des loyers sont directement influencés par les taux directeurs.
Cependant, cette politique ne suffirait pas à compenser les effets potentiellement délétères d’une déflation sur l’économie. Un retard de consommation pourrait s’installer, les consommateurs reportant leurs achats en espérant des prix plus bas, ce qui aurait pour effet de ralentir la croissance économique.
De plus, l’incertitude liée à la politique douanière des États-Unis et ses conséquences sur les exportations suisses accentue l’instabilité économique. David Marmet de la Banque cantonale de Zurich (ZKB) prévoit que l’inflation continuera d’évoluer négativement dans les mois à venir, bien que ce phénomène ne constitue pas une perturbation extrême.








