Une dette de 133 milliards menace la stabilité des entreprises suisses

Les entreprises suisses doivent refinancer 133 milliards de francs d’ici 2029, face à une crise financière amplifiée par la guerre commerciale et la hausse des faillites.

Publié le
Lecture : 2 min
Fonderie d'acier liquide de haut fourneau dans des aciéries
Une dette de 133 milliards menace la stabilité des entreprises suisses - © Shutterstock

Les entreprises suisses font face à une échéance de 133 milliards de francs de dettes à rembourser ou à renouveler d’ici 2029. Dans un contexte mondial instable, provoqué notamment par la guerre commerciale de Donald Trump, les conditions de refinancement se détériorent.

Une étude de la société Alixpartners met en lumière une situation préoccupante pour le tissu économique helvétique, alors que les faillites d’entreprises atteignent un niveau record. Les tensions commerciales internationales viennent alourdir un fardeau financier déjà pesant.

Une montagne de dettes à échéance rapprochée

Selon le dernier rapport de la société de conseil Alixpartners, les entreprises suisses devront rembourser ou renouveler des dettes s’élevant à 133 milliards de francs entre 2025 et 2029, rapporte Blick. Ce chiffre ne prend pas en compte le secteur immobilier ni la place financière, deux domaines pourtant significatifs dans l’économie nationale.

L’étude met l’accent sur les tensions que cette situation pourrait engendrer pour les entreprises, notamment les petites et moyennes structures, dont l’accès aux marchés financiers est limité. Cette situation se complique par le fait que la charge d’intérêts moyenne des entreprises tend à augmenter, indépendamment du niveau des taux, en raison de l’accumulation des dettes.

Fredy Hasenmaile, économiste en chef chez Raiffeisen Suisse, rappelle que si la croissance de l’entreprise suit le rythme de l’endettement, cette charge peut être absorbée. Mais dès lors que les bénéfices diminuent, l’équilibre financier devient précaire.

L’effet Trump : dégradation du contexte économique mondial

Le contexte économique mondial, marqué par les décisions commerciales du président américain Donald Trump, aggrave encore la situation. La guerre douanière initiée par ce dernier a provoqué un climat d’incertitude pesant sur les échanges internationaux.

Le média helvétique rapporte que les entreprises suisses orientées vers l’exportation subissent une baisse de leurs chiffres d’affaires et de leurs bénéfices, fragilisant leur capacité à se refinancer.

Le secteur technologique, très exposé aux marchés extérieurs, voit ses commandes diminuer. La récession industrielle mondiale, déjà présente avant les tensions, est renforcée par les droits de douane. Les entreprises actives dans l’automobile, l’acier et l’aluminium sont parmi les plus touchées, du fait de leur dépendance aux exportations vers les États-Unis.

Une vague de faillites qui peine à se résorber

Le nombre de faillites d’entreprises en Suisse n’a jamais été aussi élevé. Ce record s’explique en partie par les séquelles de la pandémie de Covid-19, mais également par une accumulation de facteurs défavorables. Alixpartners identifie un endettement croissant, des coûts en hausse et une consommation affaiblie comme les causes principales de cette vague de cessations d’activité.

Les petites et moyennes entreprises, en particulier celles n’ayant pas accès direct aux marchés des capitaux, sont les plus exposées. Le refinancement devient plus complexe et plus coûteux, avec des primes de risque exigées par les prêteurs. Selon Fredy Hasenmaile, certaines entreprises devront payer plus cher pour accéder au crédit, un phénomène qui pourrait accentuer leur fragilité financière dans les années à venir.

Laisser un commentaire

Share to...