Réforme de l’AI : vers la fin des rentes pour les jeunes de moins de 30 ans

La Conférence des offices AI veut remplacer les rentes des moins de 30 ans par des aides conditionnelles, suscitant inquiétudes et oppositions.

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Un jeune homme en séance chez le psychologue
Réforme de l’AI : vers la fin des rentes pour les jeunes de moins de 30 ans - © Shutterstock

Depuis plusieurs années, les jeunes de moins de 30 ans sont de plus en plus nombreux à percevoir une rente AI. Cette tendance inquiète la Conférence des offices d’assurance invalidité (COAI), qui estime que le système actuel n’est plus adapté aux réalités sociales et économiques. Une série de propositions vient d’être présentée pour restructurer le dispositif

L’enjeu de cette réforme est double : réduire la pression financière sur les caisses de l’AI et encourager la réinsertion professionnelle des jeunes adultes atteints de troubles psychiques. Ce changement de cap pourrait concerner des milliers de bénéficiaires en Suisse.

Une augmentation marquée des rentes chez les jeunes

En Suisse, deux tiers des jeunes âgés de 18 à 24 ans bénéficiant d’une rente AI le font en raison de troubles psychiques, selon des chiffres relayés par Blick. En 2024, le canton de Zurich a enregistré 4275 nouvelles rentes, dont 624 attribuées à des jeunes adultes. Une hausse que la pandémie de Covid-19 semble avoir aggravée, avec une intensification des cas de souffrances mentales chez les jeunes.

Cette situation alarmante a conduit Thomas Pfiffner, vice-président de la COAI, à proposer une transformation du système lors de l’émission « Rundschau » diffusée par la SRF. Le volume croissant de demandes, en lien avec des troubles psychiques sévères, mettrait en péril la capacité du système à maintenir les aides sur le long terme.

Une aide conditionnelle et limitée dans le temps

La réforme proposée prévoit la suppression pure et simple des rentes AI pour les personnes âgées de moins de 30 ans. À la place, l’AI accorderait des indemnités plus faibles, soumises à certaines conditions, comme l’obligation de participer à des traitements ou à des mesures d’intégration. Cette approche vise une gestion plus active des cas, avec un accompagnement renforcé.

Toujours selon le média helvétique, la COAI souhaite également introduire une limitation de la durée des rentes à trois ans. Actuellement, ces prestations sont versées sans échéance fixe, ce qui, selon Pfiffner, représenterait la principale faille du système. L’objectif affiché est d’encourager les bénéficiaires à envisager une reprise d’activité et à ne pas structurer leur vie autour d’une rente permanente.

Une contestation portée par les associations

Face à ces propositions, Inclusion Handicap a exprimé une opposition nette. L’association faîtière des personnes en situation de handicap craint une précarisation accrue des jeunes concernés par la suppression des rentes. Elle dénonce aussi un transfert de charge vers l’aide sociale, qui pourrait devoir compenser la perte de revenus.

En outre, Inclusion Handicap critique également la limitation à trois ans, soulignant que les rentes font déjà l’objet de réévaluations régulières. Pour l’organisation, cette mesure ajouterait une instabilité administrative supplémentaire à des parcours déjà fragiles.

Ces propositions de réforme seront soumises prochainement au Conseil fédéral. Une première discussion est attendue avant l’été, mais l’avenir de ces mesures dépendra des arbitrages politiques et des réactions de la société civile.

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