L’été 2022 a révélé la vulnérabilité même des régions tempérées comme la Suisse face à des épisodes de sécheresse sévères, provoquant des niveaux d’eau historiquement bas dans rivières et lacs.
Pour faire face à cette évolution, les autorités suisses ont mis en place une plateforme innovante de suivi et d’alerte à la sécheresse, qui centralise données météorologiques et hydrologiques.
La gestion proactive des ressources en eau s’impose désormais comme un enjeu clé pour préserver l’approvisionnement, protéger l’agriculture et garantir la production énergétique, selon les responsables fédéraux.
Une sécheresse désormais reconnue comme un risque majeur en Suisse
La sécheresse, autrefois considérée comme un problème des zones chaudes, touche désormais aussi la Suisse et ses Alpes. L’Office fédéral de l’Environnement, par la voix de Paul Steffen, souligne que le risque de sécheresse augmentera à toutes les périodes de l’année, imposant des mesures pour protéger les ressources en eau, rapporte Swissinfo. En 2022, la sécheresse a mis en lumière des problèmes concrets : rivières au niveau bas, lacs asséchés et impact sur la production hydroélectrique.
La Suisse a choisi d’intégrer la sécheresse dans son système national d’alerte aux catastrophes naturelles, sur un pied d’égalité avec les tremblements de terre ou les tempêtes, comme l’explique Vincent Humphrey de MétéoSuisse.
Un dispositif innovant de suivi et d’alerte en temps réel
Le nouveau système mis en service combine plusieurs types de données : météorologiques, hydrologiques et satellite. Cette plateforme en ligne permet de suivre en temps réel les précipitations, les niveaux des rivières et des lacs, ainsi que de prévoir l’évolution de la sécheresse sur plusieurs semaines. Un indicateur intégré propose une vision globale, évaluant la gravité du phénomène sur trois niveaux d’alerte, de faible à prononcé.
En 2026, le dispositif sera complété par un réseau de capteurs nationaux mesurant l’humidité des sols, pour affiner encore davantage la détection et la prévision. L’objectif à l’horizon 2031 est d’intégrer également des prévisions sur la demande en eau des centrales électriques et des populations, afin d’anticiper les tensions sur les ressources, détaille Vincent Humphrey. Ce système offre ainsi une capacité d’anticipation nouvelle pour gérer durablement la rareté de l’eau.
Anticiper pour mieux gérer les conséquences sociales et économiques
La prévision de la sécheresse revêt un intérêt pratique crucial pour différents secteurs. Elle permet aux agriculteurs d’adapter leurs pratiques d’irrigation et aux exploitants hydroélectriques d’ajuster leur production en fonction des disponibilités en eau. Les services forestiers, quant à eux, peuvent intensifier la prévention des incendies lorsque les conditions deviennent particulièrement sèches.
De plus, le transport fluvial, essentiel au commerce suisse, est directement impacté par la baisse du niveau des rivières, comme le Rhin. La mise en place d’alertes précoces permettra de préparer des alternatives et d’éviter des interruptions majeures, souligne Mauro Veronesi, responsable dans le canton du Tessin, l’une des zones les plus touchées.
Selon lui, disposer d’un tel système en 2022 aurait permis une communication plus efficace et une meilleure gestion de la consommation d’eau auprès du public. Cette démarche vise à rendre la Suisse plus résiliente face à des épisodes de sécheresse appelés à se multiplier.








