Le Conseil fédéral a présenté les grandes lignes du projet AVS2030 pour assurer la pérennité financière du premier pilier. La réforme mise sur des mesures visant à inciter les personnes à travailler plus longtemps sans relever l’âge officiel de la retraite, une décision largement soutenue par la population, rapporte Watson.
Cette réforme intervient dans un contexte où l’AVS doit faire face à une double pression démographique : le vieillissement de la population et l’arrivée massive à la retraite des baby-boomers. Le gouvernement privilégie des solutions qui modernisent le système tout en évitant une hausse pure de l’âge de la retraite, qui reste un sujet sensible dans l’opinion publique.
Le projet vise également à sécuriser les recettes de l’AVS en s’appuyant sur des sources de financement éprouvées, sans recourir à de nouvelles taxes, afin d’assurer une transition maîtrisée dans une période critique pour les finances sociales.
Stabiliser l’AVS sans augmenter l’âge de la retraite
Le gouvernement a exclu toute augmentation de l’âge de la retraite dans le cadre du projet AVS2030. Elisabeth Baume-Schneider a rappelé que la population s’était clairement prononcée contre cette mesure lors de la votation de 2024. La ministre des assurances sociales a également souligné que relever l’âge de la retraite nécessiterait un délai important et des mesures compensatoires complexes, dont les effets financiers se feraient sentir tardivement.
À la place, le Conseil fédéral propose de rendre la retraite anticipée moins attractive, notamment en ajustant le taux de conversion, et de faciliter le travail au-delà de 65 ans en supprimant la limite maximale actuelle fixée à 70 ans. Cette approche vise à offrir aux travailleurs la possibilité de prolonger leur activité professionnelle sans contrainte légale, un point mis en avant par Elisabeth Baume-Schneider lors de sa présentation devant les médias à Berne.
Financement centré sur les cotisations et la TVA
Le Conseil fédéral a écarté plusieurs propositions de financement alternatives pour l’AVS, comme une taxe sur les transactions financières, une imposition sur les successions ou un impôt sur les gains immobiliers. Le gouvernement préfère se concentrer sur les sources actuelles, jugées plus sûres, à savoir les cotisations salariales et la taxe sur la valeur ajoutée.
Elisabeth Baume-Schneider a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre la réforme rapidement en se fondant sur des mécanismes éprouvés. Le projet prévoit aussi l’introduction d’un mécanisme d’intervention automatique pour réagir en cas de dégradation des finances de l’AVS, ce qui devrait renforcer la capacité d’adaptation du système aux évolutions économiques et démographiques, comme l’a indiqué le Conseil fédéral.
Défis démographiques et enjeux financiers à court terme
L’AVS fait face à un double défi dans les années à venir avec le vieillissement général de la population et la retraite des baby-boomers. Actuellement, près de 2,5 millions de personnes bénéficient d’une rente AVS. Ce chiffre devrait augmenter à 2,8 millions en 2030 et à 3 millions en 2035, selon les estimations rapportées par Elisabeth Baume-Schneider.
La croissance limitée de la population active complique la situation financière du système. Sans mesures, le déficit prévu s’élèverait à 2,5 milliards de francs en 2030 et pourrait atteindre 5,7 milliards en 2040. Le projet gouvernemental de financement, notamment avec l’instauration d’une 13e rente vieillesse, permettrait de réduire ce déficit de 500 millions en 2030 et jusqu’à 4 milliards en 2040.
La ministre a insisté sur la responsabilité collective pour absorber cette phase critique entre 2030 et 2040, soulignant que la réforme doit garantir la stabilité et la solidarité du système face à ces évolutions.








