Ronny van Unen, 72 ans, et Saskia Scheltes, 66 ans, résident à Unteriberg, une petite commune située à une cinquantaine de kilomètres de Zurich. Malgré 20 ans de vie en Suisse, ce couple néerlandais a vu sa demande de naturalisation rejetée par les autorités locales.
La raison avancée : leur manque d’implication sociale et leur absence d’un nombre suffisant d’amis suisses, des critères qui, selon la commission de naturalisation, sont essentiels pour valider l’intégration dans la société helvétique, rapporte Le Parisien.
En effet, la commission de naturalisation de la commune a estimé que, malgré leur maîtrise de l’allemand et leur absence de casier judiciaire, le couple ne s’était pas suffisamment intégré à la vie locale.
Selon Ruedi Keller, président de la commune et membre de cette commission, le couple ne s’identifiait pas assez à la Suisse. Il a en particulier jugé que leur cercle social restait trop limité, ce qui a conduit à une première décision de rejet, malgré des efforts de participation aux activités locales.
Un dossier solide, mais des critères sociaux durs à satisfaire
La situation du couple ne manque pas de surprendre lorsqu’on examine les autres éléments de leur dossier. Ronny et Saskia ont apporté une preuve de leur implication à la vie de la commune.
Ils ont notamment mentionné leur engagement dans des associations locales, telles que le Club alpin suisse et des groupes d’activités horlogères. Malgré ces éléments, leur demande de naturalisation a été refusée une première fois, avant que le couple ne tente une nouvelle fois sa chance en avril 2025, détaillant une fois de plus leurs engagements sociaux locaux. Cette fois encore, le refus a été maintenu.
Le couple a également été interrogé sur des questions politiques locales lors de leur entretien avec la commission, et bien que leur réponse à deux questions ait été incorrecte, ils ont estimé que leur maîtrise de l’allemand et leur vie en Suisse devaient suffire pour justifier une naturalisation. Toutefois, la commission a estimé que cette faible erreur ne compensait pas l’absence de relations solides et significatives avec la communauté.
Une tendance qui soulève des questions sur l’intégration en Suisse
Cette affaire n’est pas un cas isolé, comme l’a souligné le quotidien Blick. Plusieurs autres demandes de naturalisation ont été rejetées sur des critères similaires. En avril 2024, un Français avait vu sa demande refusée en raison de la méconnaissance qu’en avaient ses voisins, un critère étonnamment social pour un pays aussi rigide sur l’intégration. L’histoire de ce couple néerlandais soulève donc des interrogations sur les critères de naturalisation en Suisse et leur évaluation de l’intégration des étrangers.
Si l’implication dans la vie locale et le réseau social sont indéniablement des indicateurs de l’intégration d’un individu dans une communauté, leur place dans le processus de naturalisation soulève des débats. L’adhésion à des clubs, l’aptitude à comprendre les enjeux locaux ou encore les liens personnels tissés avec les résidents ne devraient-ils pas être jugés avec plus de souplesse ?








