Ces chefs d’entreprises suisses qui gagnent des millions grâce aux actions sous-évaluées

Les dirigeants de Holcim, UBS et Roche perçoivent des rémunérations bien plus élevées que celles déclarées, grâce à des actions et options sous-évaluées.

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Jan Jenisch
Ces chefs d'entreprises suisses qui gagnent des millions grâce aux actions sous-évaluées - © Keystone-SDA

Jan Jenisch, le président du conseil d’administration de Holcim, a perçu une rémunération totale de 48 millions de francs en 2024, selon Ethos, une fondation spécialisée dans les investissements durables. Ce montant comprend son salaire en tant que CEO de l’entreprise, mais il inclut également des actions et des options sur actions.

Dans le rapport annuel de l’entreprise, le montant déclaré était bien plus bas : 5,1 millions de francs. Cette différence s’explique principalement par les actions et options attribuées à Jan Jenisch en mars 2020, dont la valeur a considérablement augmenté au fil du temps. En 2024, ces actions étaient évaluées à 36,6 millions de francs après une période de performance de quatre ans, rapporte Blick.

Cette situation n’est pas unique. En effet, de nombreuses entreprises suisses, notamment UBS et Roche, ont des pratiques similaires de sous-évaluation des actions dans le cadre de la rémunération variable de leurs dirigeants. Bien que ces actions soient souvent sous-évaluées au moment de leur attribution, leur valeur réelle, après plusieurs années, peut augmenter de manière considérable, entraînant une rémunération bien plus élevée que celle annoncée.

La sous-évaluation des actions chez UBS

Le cas de Sergio Ermotti, le CEO d’UBS, montre également l’ampleur de l’écart entre les salaires déclarés et les rémunérations réelles. En 2023, Ermotti a perçu un salaire de 14,4 millions de francs pour neuf mois de travail. Cependant, si les actions incluses dans son package de rémunération avaient été évaluées à leur juste valeur, le montant aurait atteint 18,4 millions de francs, selon les calculs d’Ethos.

Ce dernier a critiqué le fait que ces actions aient été évaluées à seulement 50 % de leur valeur réelle au moment de leur attribution, tandis qu’une société indépendante avait évalué ces actions à 71,5 % de leur valeur l’année précédente. La banque UBS a réagi en affirmant que la valorisation des actions était une estimation et que le montant total ne correspondait pas à une rémunération immédiate mais plutôt à une rémunération orientée sur le long terme.

Des pratiques similaires chez Roche

Chez Roche, le président du conseil d’administration, Severin Schwan, fait également face à une rémunération sous-évaluée. En 2024, Schwan a reçu un salaire total de 5,7 millions de francs, dont près de deux millions de francs étaient constitués d’actions qui avaient été évaluées à 55,8 % de leur valeur de marché, selon le rapport annuel de Roche.

Si ces actions avaient été valorisées à leur prix réel, sa rémunération aurait été plus élevée d’environ 1,5 million de francs. Severin Schwan a dirigé Roche pendant 15 ans et détient des actions d’une valeur de 65 millions de francs, ainsi qu’un grand nombre d’options datant de l’époque où il était CEO.

Son successeur, Thomas Schinecker, a quant à lui perçu 10 millions de francs en 2024, un montant également influencé par des actions sous-évaluées et des options d’une valeur inférieure d’environ 800 000 francs par rapport à leur valeur réelle.

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