Entre janvier et mars 2025, les exportations suisses vers les États-Unis ont atteint 62 milliards de dollars, un chiffre en forte hausse qui place la Confédération au quatrième rang des pays exportateurs vers le marché américain, derrière le Mexique, le Canada et la Chine.
Cette envolée des ventes suisses contraste avec la stagnation des importations en provenance des États-Unis, creusant un déficit commercial américain de 54 milliards de dollars en faveur de la Suisse. Selon Watson, seuls la Chine (71 milliards) et l’Irlande (56 milliards) présentent un déséquilibre plus marqué.
Cette situation a directement attiré l’attention de l’administration américaine. Le ministre des Finances Scott Bessent a évoqué cette asymétrie comme un point de friction dans les relations bilatérales, incitant à des discussions diplomatiques intensifiées. Une visite officielle du secrétaire américain au Trésor est même programmée en Suisse pour tenter de rééquilibrer les échanges.
La menace tarifaire fondée sur un calcul controversé
Sous l’effet de la nouvelle politique douanière de Donald Trump, les marchandises suisses pourraient être soumises à des pénalités atteignant jusqu’à 87 %.
Ce chiffre est issu d’une formule utilisée par ses conseillers, mêlant déficit commercial et valeur des importations, un calcul jugé « tiré par les cheveux ». Initialement, cette méthode avait imposé une pénalité de 60,7 % à la Suisse, progressivement abaissée à 10 % après des négociations.
Face à cette pression tarifaire, la Confédération a obtenu un statut de « traitement préférentiel » dans les discussions, comme l’a annoncé la présidente de la Confédération Karin Keller-Sutter à l’issue de sa rencontre avec Scott Bessent. Ce groupe de 17 pays, non encore listés publiquement, serait épargné par les hausses tarifaires les plus sévères.
L’or et le médicament au cœur des exportations suisses
L’un des moteurs de l’excédent suisse est l’exportation massive de lingots d’or, évaluée à près de 45 milliards de dollars au premier trimestre 2025. Ces « ouvrages en métaux précieux de forme rectangulaire en or », selon la terminologie douanière, ont été exportés en urgence avant l’entrée en vigueur du nouveau régime douanier.
Les produits pharmaceutiques, avec 8,5 milliards de dollars, ainsi que les montres (1,6 milliard) et les instruments optiques (1,1 milliard) complètent les principaux postes d’exportation.
Selon les données relayées par le média helvétique, la valeur des exportations d’or a reculé de 19 milliards en janvier à 11 milliards en mars, illustrant un ralentissement stratégique destiné à éviter de futures pénalités.
Bien que Trump ait exempté certaines importations d’or en avril, les lingots ne semblent pas concernés, ce qui explique les livraisons massives au début de l’année.








