Les visas dorés sont devenus une véritable aubaine pour les investisseurs étrangers désireux de s’installer en Suisse. Depuis 2023, le nombre de permis de séjour accordés aux fortunes internationales a augmenté de 22%. Un phénomène qui suscite à la fois des intérêts économiques et des questions éthiques.
Le phénomène des « visas dorés », qui permet à des ressortissants étrangers fortunés de séjourner en Suisse contre le paiement d’impôts substantiels, a pris une ampleur considérable. Ces permis sont destinés à attirer des investisseurs capables de contribuer significativement à l’économie locale, mais la pratique soulève également des préoccupations, notamment en ce qui concerne la transparence fiscale et les inégalités sociales.
Les grandes tendances des visas dorés en Suisse
Depuis l’introduction de ce système en 2008, la Suisse a séduit une clientèle de plus en plus variée. Selon un article du Tages-Anzeiger, le nombre de permis de séjour achetés a grimpé de 22% depuis 2023, avec 496 bénéficiaires recensés en 2024. Genève, bastion des visas dorés, abrite plus de 100 d’entre eux, suivie par le Valais, le Tessin, Vaud et Zoug, rapporte 20 Minutes.
Les détenteurs de ces visas, généralement issus de pays comme la Russie, la Chine, les États-Unis ou le Royaume-Uni, peuvent bénéficier de la possibilité d’établir leur résidence en Suisse en payant des impôts dont les montants varient selon les cantons. La région la plus exigeante, Zurich, impose une taxe d’un million de francs pour obtenir un permis.
La tendance, bien que concentrée dans certains cantons, ne cesse de croître. Les profils des détenteurs de ces visas sont diversifiés, mais la Russie reste le pays d’origine prédominant, suivie par la Chine, les États-Unis et les Britanniques. Ces derniers ont particulièrement augmenté en nombre, triplement en quelques années. Les critiques sur cette augmentation concernent surtout les implications fiscales et sociales d’un tel système.
Le profil des bénéficiaires : Le cas emblématique de Robbie Williams
Parmi les exemples les plus médiatisés, celui de Robbie Williams illustre bien l’attrait de ces visas dorés. Le chanteur britannique a choisi de s’établir à Gstaad, dans le canton de Berne, avec sa famille en 2023. Il n’est pas le seul à avoir succombé à cet attrait fiscal, mais son cas met en lumière les spécificités du système suisse.
Dans ce canton, un minimum d’impôts de 500 000 francs est requis pour obtenir le visa doré. Le chanteur a sans doute satisfait cette condition, mais les détails précis de ses paiements fiscaux restent flous. En revanche, dans des régions comme Zurich, la barre des impôts monte jusqu’à un million de francs, illustrant l’élitisme fiscal qui structure ce type de séjour.
Le cas de Williams, à la fois célébrité et résident fiscal, montre à quel point ces permis attirent des personnalités de renom. Ce phénomène va bien au-delà de la simple installation : il envoie un message fort sur la flexibilité et l’attractivité de la Suisse pour les grands noms de la scène internationale. Mais il pose également la question de l’impact de tels profils sur l’immobilier local et l’économie globale des régions concernées.
Un phénomène sous surveillance européenne
Si la Suisse continue d’attirer ces investisseurs et célébrités, cette pratique n’échappe pas aux critiques européennes. Le Parlement européen a exprimé des préoccupations face à l’utilisation des visas dorés dans certains pays, notamment Chypre et la Grèce, où des pratiques de blanchiment d’argent ont été observées.
Les critiques mettent en avant l’atteinte aux principes de coopération fiscale internationale et de transparence. De telles préoccupations sont partagées par des experts comme Enzo Caputo, avocat d’affaires à Zurich, qui explique que les investisseurs cherchent de plus en plus à avoir des options en période d’incertitude économique.








