La Suisse connaît un printemps particulièrement sec cette année, avec des températures bien au-delà des normales saisonnières. En dépit des récentes pluies, le déficit hydrique reste marqué, notamment dans l’est du pays.
Alors que le pays traverse actuellement le sixième mois d’avril le plus chaud depuis 1864, les niveaux des rivières et des lacs sont anormalement bas. Les autorités devront prendre des mesures adaptées pour éviter que cette situation ne devienne un problème de longue durée.
Une situation météo extrême
La Suisse connaît cette année des températures records pour la saison, atteignant localement jusqu’à 28°C. Ces températures estivales précoces surviennent après un mois d’avril qui a été, à certains endroits, le troisième plus chaud depuis le début des relevés en montagne, selon MeteoSuisse. Cette chaleur est exacerbée par une situation de haute pression qui persiste depuis mi-avril, entraînant des températures élevées au nord des Alpes. Ce mois d’avril 2025 est ainsi marqué par des conditions extrêmes, où la bise, bien que forte, a accentué la sécheresse, empêchant les températures plus élevées de se faire ressentir pleinement.
Si la Suisse orientale a reçu quelques pluies récentes, ces dernières ont été insuffisantes pour compenser le déficit pluviométrique accumulé depuis le début de l’année. En Valais et dans l’Oberland bernois, des précipitations ont effectivement eu lieu sous forme de neige fraîche, mais ces zones restent exceptionnelles. Dans le reste du pays, notamment dans le nord et le centre des Grisons, le déficit reste préoccupant. Edith Oosenbrug, de l’Office fédéral de l’hydrologie, rappelle que la pluie tombe d’abord sur les sols, qui absorbent rapidement l’eau en raison de la végétation en pleine croissance, rendant l’eau disponible pour les cours d’eau moins importante que prévu, rapporte Watson.
Malgré des variations journalières dans les débits des cours d’eau alpins, dus à la fonte des neiges, ces quantités sont insuffisantes pour combler le vide laissé par l’absence de pluie en hiver et au printemps. Au fil des jours ensoleillés, les niveaux d’eau devraient continuer à baisser, impactant gravement les rivières et l’approvisionnement en eau.
Des conséquences pour l’agriculture et l’économie
Le secteur agricole commence à sentir les effets de cette sécheresse prolongée. Si les maraîchers sont bien équipés pour irriguer leurs cultures, le manque d’eau reste un défi majeur pour les légumes et salades fraîchement plantés, qui sont sensibles à la sécheresse. Markus Waber, de l’Union maraîchère suisse, indique que tant que les réserves en eau pour l’irrigation sont suffisantes, la situation reste gérable. Cependant, les producteurs redoutent davantage l’excès d’eau, comme cela a été le cas l’été précédent, lorsque les champs détrempés rendaient la gestion et la récolte des cultures presque impossibles.
Au niveau des rivières, la situation est tout aussi préoccupante. Le faible niveau des eaux du Rhin et du lac de Constance a forcé certaines compagnies de navigation, telles que l’Untersee und Rhein, à réduire leur itinéraire. Les bancs de gravier et de sable qui apparaissent sur les rives témoignent de cette baisse de niveau, affectant à la fois le transport fluvial et les activités liées à ces cours d’eau.
La gestion de l’eau devient un enjeu crucial dans le pays, et les autorités doivent rapidement adapter leurs stratégies pour éviter une aggravation de la situation. La fonte des neiges, bien que présente, ne suffira pas à résoudre le problème à elle seule. Selon Edith Oosenbrug, des précipitations importantes et au-dessus de la moyenne sont nécessaires pour combler ce déficit et ramener le lac de Constance à un niveau normal. Cependant, ces précipitations ne sont pas à l’ordre du jour et la situation pourrait se poursuivre pendant plusieurs mois.








